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LES CLIMATS ASTRONOMIQUES

Ce que nous aurions à dire maintenant pour terminer le tableau des phénomènes météorologiques et l'exposé de leurs lois, ne consisterait en rien moins qu'à rassembler en un seul faisceau, pour chaque région de la Terre, tous les traits épars, tous les éléments que nous avons étudiés séparément jusqu'ici : pression de l'atmosphère avec ses variations diverses, mensuelles, annuelles, température moyenne et températures extrêmes du sol, de l'air, des eaux pendant le jour et la nuit et les saisons, hygrométrie, nuages et brouillards, pluies et neiges, vents, orages, tempêtes, etc., etc. Tout cet ensemble de phénomènes, que l'observation et l'analyse scientifique parviennent seules à séparer les uns des autres, à mesurer isolément par des procédés, des méthodes et des instruments appropriés, concourt sans exception à former ce qu'on est convenu d'appeler le climat.

Jadis le climat ne comportait guère qu'un élément variable : la hauteur méridienne plus ou moins grande du Soleil aux diverses époques de l'année. C'est encore à ce point de vue que l'envisagent les astronomes et les cosmographes, et dans ce cas, en effet, rien n'est plus aisé de définir avec la rigueur mathématique qui résulte du point de vue où l'on se place, les climats astronomiques.

Le Soleil, dans sa course apparente au nord et au sud de

l'équateur, s'avance deux fois par année, vers le 20 juin, jusqu'au tropique du Cancer dans l'hémisphère boréal, vers le 1\ décembre jusqu'au tropique du Capricorne dans l'hémisphère austral. En traçant les cercles, parallèles à l'équateur, qui limitent les régions où l'astre, aux deux époques solsticiales, parvient jusqu'au zénith et celles où il rase seulement l'horizon à l'heure de midi, on obtient les cinq zones ou climats astronomiques des anciens géographes : la zone torride, comprise entre les deux tropiques ; les deux zones tempérées, l'une

Fig. 524. — Observatoire météorologique et magnétique de la Vega à Pittlekaj. La Tintinjaranga (maison de glace).

boréale, l'autre australe, comprises entre chaque tropique et le cercle polaire du même hémisphère, et enfin les deux %ones glaciales, arctique et antarctique, autour de chacun des pôles.

Cette première classification des climats était naturelle. On ramenait tout à l'action du soleil, à sa présence plus ou moins prolongée sur l'horizon de chaque lieu, à l'obliquité plus ou moins grande de ses rayons sur le sol. C'est là, en effet, un élément prépondérant du climat : c'est celui que, dans l'ordre naturel du progrès des connaissances, on appréciait le mieux et que l'on devait mesurer le premier avec précision, puisque,

pour chaque lieu, il se réduisait à la mesure de la latitude ou de la hauteur du pôle au-dessus de l'horizon. Tout se trouvait ainsi d'ailleurs symétrique de chaque côté de l'équateur1, et si les choses se passaient avec cette simplicité, si le climat n'était influencé que par ce seul facteur, la hauteur du soleil et la durée de sa présence au-dessus de l'horizon, il est clair que la climatologie ne serait qu'un chapitre de la cosmographie.

§ l2. CONDITIONS DE DIVERSITÉ DES CLIMATS MÉTÉOROLOGIQUES.

Il est loin d'en être ainsi. Môme en ne considérant que le seul élément de la température, on sait qu'il s'en faut qu'elle soit distribuée sur la Terre en raison seulement des différences de latitude. Le tracé des lignes isothermes donnant les températures moyennes de l'année, celles des saisons et des mois, et surtout les écarts des températures extrêmes, fournit à cet égard des renseignements certains. Ces lignes ne sont ni parallèles à l'équateur, ni parallèles entre elles, et leurs inflexions portent l'empreinte d'influences multiples. Comme le dit Humboldt, « la nature de ces inflexions, les angles sous lesquels les lignes isothermes, isothères, isochimènes coupent les cercles de latitude, la position du sommet de leur convexité ou de leur concavité par rapport au pôle de l'hémisphère correspondant, sont des effets de causes qui modifient plus ou moins puissamment la température sous les diverses latitudes géographiques. »

Quelles sont ces causes? Nous avons déjà, à maintes reprises, signalé les plus importantes. Mais nous allons en reprendre l'énumération, en les séparant, comme l'illustre auteur du

1. L'orbite de la Terre n'étant pas un cercle, mais une ellipse, les distances du Soleil à notre planète varient constamment, e.t par suite l'intensité de sa radiation ou de son action calorifique. C'est vers le 1" janvier que la Terre, au périhélie, reçoit le plus de chaleur, et vers le 1" juillet, à l'aphélie, qu'elle en reçoit le moins. L'hiver boréal est donc moins rigoureux que l'hiver austral et l'été inoins chaud ; mais ces inégalités sont à peu près compensées par la différence de durée des saisons de même nom dans les deux hémisphères, et l'on admet qu'ils reçoivent l'un et l'autre la même quantité de chaleur dans le cours d'une année.

Cosmos, en deux classes, selon qu'elles tendent à élever ou à abaisser la température de la région où elles agissent. La première classe comprend :

« La proximité d'une côte occidentale, dans la zone tempérée ;

« La configuration particulière aux continents qui sont découpés en presqu'îles nombreuses ;

« Les médilerranées et les golfes pénétrant profondément dans les terres ;

« L'orientation, c'est-à-dire la position d'une terre relativement à une mer libre de glaces, qui s'étend au delà du cercle polaire, ou par rapport à un continent d'une étendue considérable, situé sur le même méridien, à l'équateur ou du moins à l'intérieur de la zone tropicale ;

« La direction sud et ouest des vents régnants, s'il s'agit de la bordure occidentale d'un continent situé dans la zone tempérée ; les chaînes de montagnes servant de rempart et d'abri contre les vents qui viennent de contrées plus froides ;

« La rareté des marécages, dont la surface reste couverte de glaces au printemps, et jusqu'au commencement de l'été;

« L'absence de forêts sur un sol sec et sablonneux ; la sérénité constante du ciel pendant les mois d'été ; enfin le voisinage d'un courant pélagique, si ce courant apporte des eaux plus chaudes que celles de la mer ambiante. »

Parmi les causes susceptibles d'abaisser la température moyenne, Humboldt range :

« La hauteur, au-dessus du niveau de la mer, d'une région qui ne présente point de plateaux considérables ;

« Le voisinage d'une côte orientale, pour les hautes et les moyennes latitudes ;

« La configuration compacte d'un, continent dont les côtes sont dépourvues de golfes;

« Une grande extension des terres vers le pôle et jusqu'à la région des glaces éternelles, à moins qu'il n'y ait, entre la terre et cette région, une mer constamment libre pendant l'hiver;

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