LIEUX
LATITUDES
ÉCARTS du mois
ie plus chaud au mois
le pins lïoid
Annuelle.
Hiver.
Printemps.
Été.
Automne.
Saint- Barthélémy. . . .
Côte de Guinée
La Vera Cru/.
Dans ce tableau, les écarts sont calculés entre les moyennes, non pas des saisons, mais des deux mois le plus chaud et le plus froid de l'année.
ou les époques des plus grandes hauteurs méridiennes du Soleil, la seconde avec celles où le Soleil est le plus bas sur l'horizon du lieu. Nous avons vu avec quelle abondance cL quelle fréquence les pluies des tropiques tombent pendant la saison humide ; mais il y a des exceptions. Dans l'Amérique du Sud par exemple, dans les vastes plaines du Brésil septentrional, à Cumana, Coro, Céara , la pluie et la rosée sont inconnues.
Les climats tempérés sont ceux des régions où la température
Fig. 525. — Limite de la végétation forestière en Norvège. Le Pràstevand, près de Tromsô.
annuelle moyenne de l'air est comprise entre 25° et 0°. L'écart des températures, dans les saisons extrêmes, y peut être considérable ; il va généralement en croissant des tropiques jusqu'aux latitudes élevées, vers le cercle polaire; en un mot, les variations thermiques vont en croissant avec la latitude; toutefois elles dépendent beaucoup aussi de la situation continentale ou maritime des contrées dont le climat subit, comme nous l'avons dit, l'influence des courants marins ou aériens. C'est ainsi que Pétersbourg, Christiania et Stockholm, situés sous le
même parallèle, et ayant des températures moyennes annuelles de 5°, 5, de 5°, 4 et de 5°, 6, ont pour écarts moyens entre leurs mois les plus chauds et les froids 27°, 2, 21°, 3 el 25°, 2. Moscou, plus méridional de 3°, mais éloigné de la mer, éprouve une variation de 28°, 2; les forts Howard et Spelling, dans l'Amérique du Nord, avec des moyennes annuelles de 6°, 6, éprouvent des variations de 30°, 9 et de 34°, 3.
Des variations annuelles encore plus considérables s'observent dans les climats froids ou polaires, qui sont caractérisés par des températures moyennes annuelles inférieures à 0°, mais on y reconnaît la même influence de la proximité ou de l'éloignement de la mer \
Aussi fait-on souvent de cette influence la base d'une classification particulière des climats, qu'on distingue alors en climats continentaux et climats marins. Dans la première classe se trouvent toutes les contrées faisant partie d'un continent et qui sont assez éloignées de la mer, ou en sont séparées par des barrières suffisantes, pour que les vents soufflant du large aient perdu, avant de les atteindre, leur température relativement élevée et les abondantes vapeurs dont les avait chargés l'évapo-
1. Ces différences peuvent être accentuées par diverses causes, parmi lesquelles l'influence de la nature du sol :
« Dans le voisinage du cap Nord (71° 10' lat.), les grands bois, dit Nordenskiôld, ne s'avancent pas jusqu'à la côte de l'océan Glacial; mais dans quelques endroits abrités du littoral se trouvent encore des bouleaux bauts de 4 à 5 mètres. Autrefois pourtant le Skargànl, même dans sa partie la plus voisine de la pleine mer, était boisé, comme le prouve la découverte de troncs d'arbres dans cerlaines tourbières des îles de la Finmarek, à Reno par exemple. En Sibérie, au contraire, la limite des forêts monte jusqu'au 72° degré de lat. N. (delta de la Lena). La végétation forestière s'avance donc en Sibérie, sur les rives des grands fleuves, plus au nord qu'en Europe. Cette différence s'explique par plusieurs raisons. D'abord, en été, les eaux de ces puissants cours d'eau ont une température assez élevée et transportent des graines. En second lieu, le sol de l'Asie septentrionale est formé d'un limon fertile renouvelé à ebaque printemps par les inondations, et par suite très favorable à la végétation. En Norvège, au contraire, le sol est principalement constitué par des granits stériles, des gneiss ou des couches de sables arides. Enfin les forêts les plus septentrionales des deux pays ne sont pas composées des mêmes espèces : en Scandinavie, les représentants de la végétation forestière sont des bouleaux rabougris, qui couvrent les flancs des montagnes d'un épais manteau de riante verdure (fig. 325); en Sibérie, au contraire, ce sont des larix noueux, à moitié desséchés, épars sur des monticules et ressemblant de loin aux crins d'une vieille brosse grise » (fig. 526). (Voyage de la Vega, t. I.)
ration des eaux marines. Les climats continentaux sont remarquables par leurs étés chauds et leurs hivers rigoureux, par la sécheresse de l'air, la clarté de leur ciel et le peu d'abondance de leurs pluies. Des caractères opposés sont ceux des climats marins, aux hivers doux, aux étés frais, aux saisons généralement pluvieuses.
Au point de vue de l'altitude, on serait également fondé à classer les régions et leurs climats selon le degré d'élévation du sol au-dessus du niveau de la mer. On aurait ainsi les
Fig. 52G. — Limite de la végétation forestière en Sibérie, sur la Boganida.
climats de plaines, les climats de montagnes, et, pour les altitudes qui atteignent les neiges des sommets, les climats alpestres.
Enfin, au point de vue médical, les climats sont quelquefois classés en trois catégories, suivant qu'ils sont constants, variables ou excessifs. « Un climat constant, dit M. Gavarret, jouit d'une température qui est toujours sensiblement la même. Comme type de climat variable, je citerai celui de Paris. Dans un climat excessif, on est exposé à des variations très grandes de température. Cette division est très importante pour le médecin qui est appelé à donner des conseils aux malades. Tout
démontre, en effet, que si les sujets à poitrine délicate se trouvent très bien dans les climats constants, chauds ou froids, ils ne supportent que très difficilement les climats, variables et surtout excessifs. » Les climats équatoriaux sont par excellence des climats constants, puisque les oscillations annuelles de la température y sont faibles. Seulement, le jour et la nuit y présentent des variations brusques et des différences marquées. Si l'on ne considérait que les périodes de vingt-quatre heures, ce seraient des climats excessifs. Dans tout cela, il y a lieu de tenir compte des causes locales de perturbation. Ainsi, les côtes de la Méditerranée, qui, comme celles de l'Algérie, auraient à peu près les caractères d'un climat constant, subissent de brusques variations, toutes les fois que le mistral amène en Provence l'air froid des Alpes ou des montagnes du Plateau central.
Toutes les classifications que nous venons de passer en revue sont, à un certain degré, légitimes, puisque toutes tiennent compte d'un élément essentiel ou d'une propriété importante du climat. Mais aucune n'est et ne peut être complète. Il faudrait, pour que toutes les causes qui concourent à modifier les climats fussent prises en considération dans le mode de groupement de ceux-ci, que l'on pût, par une synthèse dunt la formule n'est pas et ne sera sans doute jamais trouvée, réunir en un seul tous les caractères propres à chaque classification particulière. L'influence du climat sur la vie végétale et animale est si grande, elle s'exerce sur les êtres des deux règnes d'une façon si continue et sous des formes si variées, par des modes d'action si différents, qu'il nous semble que faire une bonne classification des climats météorologiques, ce serait résoudre le même problème que de classer les flores et les faunes des diverses régions du globe, tâche bien complexe et, en tout cas, hors de notre programme et de notre compétence. Si la place ne nous manquait, nous suppléerions à cette insuffisance en empruntant aux voyageurs, botanistes ou zoologistes, quelques descriptions, quelques tableaux de la vie végétale et animale dans les contrées
Planche XXVII.