LACUSTRE
du globe de climats opposés. Si nous y joignions les vues de paysages des mêmes pays, le lecteur se rendrait compte, sans difficulté, des contrastes offerts par les climats, depuis les mornes déserts des glaces du pôle, depuis les côtes à peine recouvertes d'un maigre lichen du Groenland ou du Spitzberg, jusqu'aux contrées riantes de la zone tempérée, jusqu'aux luxuriantes forêts vierges de la Guyane, du Brésil et en général de la plupart des terres qu'échauffe le soleil brûlant des tropiques. D'ailleurs, en déroulant ce tableau, l'occasion se présenterait de dire un mot de quelques questions qui ont un grand intérêt au point de vue de la physique du globe et d'exposer les hypothèses proposées jusqu'à présent. Pour nous borner à une seule de ces questions, nous examinerions s'il est vrai que, en dehors de l'action de l'homme qui est inconteslable, le climat a changé ou non dans nos contrées depuis les temps historiques, ou si, comme la plupart des savants qui ont étudié ce point le pensent, il est vrai que le climat, ou, pour préciser, que la température n'a point varié d'une manière appréciable. Remontant dans le temps au delà des époques où la tradition a conservé quelques traces des sociétés humaines, au delà même de l'époque de son apparition, franchissant en un mot les étapes successives des âges géologiques, nous pourrions peut-être nous faire une idée approchée des conditions météorologiques propres à chacune d'elles. On sait, en effet, par les découvertes de la paléontologie, qu'on peut reconstituer en pensée, par exemple, la flore et la faune des époques les plus éloignées de l'époque actuelle, des périodes crétacée, jurassique, carbonifère, devonienne. Or certains des animaux et des végétaux qu'on retrouve enfouis dans les couches des. terrains correspondants, exigeaient, pour vivre et se développer, des températures infiniment plus élevées que celles qui aujourd'hui s'observent dans les mêmes latitudes. Dans quelles conditions se trouvait notre planète pour que des modifications aussi considérables aient pu se produire dans l'intervalle de temps, d'une immensité incalculable il est vrai, qui nous sépare de ces âges? Est-ce le Soleil qui rayonnait avec une
intensité pins grande, on dont les dimensions étaient incomparablement plus considérables? Ou bien la composition de notre atmosphère, plus riche en acide carbonique, plus étendue, plus dense et plus absorbante, permettait-elle une diffusion presque uniforme de la chaleur solaire aux diverses latitudes? La chaleur du foyer central intervenait-elle et ajoutait-elle son influence à l'une ou à l'autre de ces causes? Questions fort intéressantes, comme on voit, mais encore bien conjecturales, et qui touchent à des sciences diverses, astronomie, géologie, météorologie, etc. A la science de l'avenir de les résoudre.
Ici se termine la tâche que nous nous étions imposée, dans ce dernier volume du Monde Physique, de présenter le tableau des principaux phénomènes météorologiques, et l'exposé élémentaire de leurs lois, d'après les plus récentes découvertes de la Science. Nous avons dû laisser de côté bien des points secondaires de notre sujet. Mais il paraîtra moins incomplet, si le lecteur veut bien y joindre tous les chapitres ou tous les paragraphes des quatre premiers volumes qui se rapportent à des questions spéciales de Physique du globe et de Météorologie, et dont la place était marquée par le lien de chacune d'elles avec l'agent physique étudié particulièrement dans chaque partie de notre ouvrage.
Celui-ci serait lui-même terminé, s'il ne nous restait à dire un mot de quelques phénomènes de physique moléculaire trop importants pour être passés sous silence. Ce sera l'objet du court appendice qui va suivre.
LA PHYSIQUE MOLÉCULAIRE
LA PHYSIQUE MOLÉCULAIRE