‹ Le monde physique (volume 3)Chapitre 252 sur 271 · Endosmomètre de Dutrochet · texte numérisé non relu

Endosmomètre de Dutrochet

dehors. En analysant à l'aide de l'aréomètre les liquides contenus alors dans le flacon et dans le vase, on reconnaît que l'alcool du premier s'est étendu d'eau; qu'au contraire l'eau du vase est mélangée d'une certaine quantité d'alcool. Il y a donc eu échange ou mélange des liquides au travers de la membrane, et l'ascension dans le tube prouve que le courant qui a diffusé l'eau à l'intérieur du flacon a été plus fort que le courant inverse en vertu duquel l'alcool en est sorti. Dutrochel a donné le nom d'osmose au phénomène général, appelant endosmose le courant entrant ou plutôt le courant le plus puissant, exosmose le courant sortant ou le plus faible. Dans l'expérience qui précède, on dit qu'il y a endosmose de l'eau à l'alcool. L'appareil que représente la figure 356 reçut le nom d'endosmomètre, parce que Dutrochet s'en servit pour mesurer la vitesse plus ou moins grande avec lequel s'accomplissait le phénomène, lorsque, au lieu d'eau et d'alcool, il observait ce qui se passe avec des liquides quelconques, par exemple avec des dissolutions salines plus ou moins concentrées.

La diffusion à travers les membranes, ou osmose, est un phénomène très complexe. Le rôle de la membrane est considérable, l'absorption endosmotique variant non seulement avec les divers liquides pour une même membrane, mais aussi pour un même liquide avec des membranes différentes. Dans ce dernier cas, le sens même des courants pèut changer : ainsi, lorsque, dans l'expérience de Dutrochet, on substitue une lame de caoutchouc à la vessie pour former le fond de la fiole pleine d'alcool, on observe une dépression dans le niveau du liquide du tube : l'endosmose a lieu de l'alcool à l'eau. Graham a démontré que l'endosmose va en croissant avec la température.

On doit à ce dernier savant une curieuse et importante application des phénomènes de diffusion par les membranes. Ayant constaté qu'il existe une remarquable relation entre la diffnsibilité d'un corps et sa tendance à cristalliser, les substances cristallisables étant toujours beaucoup plus diffusibles que les substances amorphes, il désigna les premières par le nom de

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