‹ Le monde physique (volume 3)Chapitre 58 sur 271 · Hygromètre de Le Roy · texte numérisé non relu

Hygromètre de Le Roy

mètre intérieur donne le point de rosée ; celle du thermomètre fixé à la colonne de l'appareil donne la température de l'air.

Regnault a construit un hygromètre à condensation qui n'a pas les défauts de celui de Daniell1.

11 se compose d'un dé d'argent poli très mince, surmonté d'un tube en verre D fermé par un bouchon. T est un thermomètre très sensible, dont le réservoir plonge dans l'éther remplissant le dé. Un tube A, qui passe à travers l'éther jusqu'au fond du liquide, permet à l'air extérieur d'y pénétrer en l'agi-

Fig. 89. — Hygromètre de Regnault.

tant, ce qui produit une évaporation rapide et un refroidissement de l'éther. L'appel de l'air extérieur se fait par suite de l'écoulement d'un aspirateur à eau G communiquant avec le tube D par un conduit en caoutchouc. Dès qu'a lieu le dépôt de rosée, on note la température du thermomètre T. On interrompt l'aspiration, le refroidissement, et l'on note de nouveau la température au moment où a lieu la disparition de la buée

1. Voici en quoi consistent ces défauts : difficulté de régler la marche du refroidissement; différence entre la \raie température du point de rosée qui est à la surface de l'éther, non à l'intérieur du liquide; influence de la présence de l'opérateur, et aussi de l'eau toujours mêlée à l'éther versé extérieurement, sur l'état hygrométrique de l'air ambiant.

OBSERVATIONS HYGROMETRIQUES. 233

qui couvre l'argent poli. On prend pour point de rosée la moyenne de ces deux températures, qui ne diffèrent, si l'opération est bien conduite, que de 1 ou 2 dixièmes de degré.

On voit un deuxième tube E muni d'un dé d'argent poli pareil au premier, mais vide d'éther, qui permet, par la comparaison de sa surface avec celle du dé refroidi, de bien juger du moment précis où la buée paraît ou disparaît. On y adapte quelquefois un thermomètre t donnant la température de l'air, mais il vaut mieux observer cette température extérieurement.

L'observateur de l'hygromètre de Regnault se tient près' de l'aspirateur, convenablement éloigné lui-môme de l'appareil , et il examine les surfaces des deux dés et fait la lecture du thermomètre à l'aide d'une lunette.

On doit au savant directeur de l'observatoire du Puy de Dôme, M. Aîluard, une modification heureuse de la forme de l'hygromètre à condensation. Les deux surfaces polies, métalliques, dont l'une est en contact avec l'éther et se refroidit, tandis que l'autre reste à la température extérieure , sont planes ; la première est un rectangle qui est

encadré par la seconde sans la toucher. Le contraste entre celle-ci, qui conserve toujours son brillant, et l'autre au moment du dépôt de rosée, permet de constater plus facilement encore l'instant de ce dépôt.

Dans les observations météorologiques courantes, on emploie, de préférence aux hygromètres à condensation, le psychromètre, qui n'est autre chose qu'un double thermomètre, le réservoir de l'un des instruments restant toujours sec, tandis que le réservoir de l'autre, entouré de mousseline, reste constamment mouillé. L'évaporation, à la surface de ce dernier,

Fig. 90. — Psyehromêtrc.

est d'autant plus active que l'air est plus éloigné du point de saturation ; il en résulte un refroidissement qui fait que le thermomètre mouillé est toujours à une température inférieure à celle du thermomètre sec. Dans le cas unique où l'air serait saturé, où dès lors l'évaporation et le refroidissement seraient également nuls, les deux thermomètres marqueraient la même température. Disons comment on observe le psyehromètre. Quelques minutes avant l'observation, on plonge la boule du thermomètre humide dans de l'eau de pluie à la température ordinaire, de façon qu'il ait le temps de prendre la température stationnaire résultant de l'évaporation et de l'action de l'air extérieur. Souvent le linge qui entoure le réservoir est en communication constante avec l'eau d'un tube ou d'un vase par l'intermédiaire d'une mèche de coton qui en est toujours imbibée. Si la température est au-dessous de 0°, l'eau qui imbibe la mousseline devra être congelée et le réservoir du thermomètre lui-même recouvert d'une couche de glace, ce qui exige quelquefois un temps un peu long pour chaque observation psychrométrique.

On a calculé des tables qui permettent, les températures des thermomètres sec et mouillé étant connues et leur différence calculée, de trouver l'état hygrométrique correspondant1.

Page 1