VARIATIONS HYGROMÉTRIQUES
doit-on jamais l'employer seul. II est indispensable de le vérifier, au moins tous les deux ou trois jours, avec un psychromètre, ou mieux avec un hygromètre à condensation. On le règle chaque fois en tournant la vis placée à la partie supérieure. Mais avec ces précautions on peut en déduire d'assez bonnes indications, comparables à celles du psychromètre. Eu hiver, pendant les gelées, il devient même préférable au psychromètre, dont l'emploi présente les plus grandes difficultés et est soumis à de nombreuses incertitudes. »
A l'observatoire de Montsouris, on emploie un hygromètre à crin de cheval; le crin, plus résistant que le cheveu, mais s'allongeant moins par absorption d'humidité, a dû être employé plus long; une poulie de renvoi, sur laquelle il se replie au sommet du cadre, évite de donner à ce dernier des dimensions incommodes. Dans l'hygromètre à cheveu de .Meunier (fi g. 92), le cheveu se replie deux fois, ce qui a permis de loger le tout dans une boîte circulaire très portative.
, § 3. VARIATIONS HYGIiOMÉTRIQUES DIURNES, MENSUELLES, ANNUELLES.
A l'aide des instruments dont on vient de lire la description, on peut déterminer d'heure en heure, par exemple, soit la tension de la vapeur d'eau contenue dans l'air au moment où l'on observe, soit l'humidité relative ou l'état hygrométrique, c'est-à-dire le rapport entre cette tension et la tension maximum de l'air saturé à la même température. Dans le premier cas, le résultat s'exprime en millimètres, et fractions de millimètre, comme la pression; dans le second cas, c'est un nombre abstrait donnant, en centièmes de l'humidité absolue, la valeur de l'humidité relative.
En accumulant les observations, et en prenant les moyennes comme nous l'avons déjà dit à propos de la pression et de la chaleur de l'air, on peut suivre par jour, par mois ou saisons, par années, la marche de l'un des plus importants éléments météorologiques en chaque lieu.
Comme la formation de la vapeur d'eau est essentiellement liée aux fluctuations de la température, on peut prévoir qu'on va retrouver dans les variations de sa tension les mêmes périodes diurnes, mensuelles, etc., que nous avons constatées pour la chaleur.
En premier lieu, parlons de la variation diurne. Suivons, sur la figure 93, les contours de la courbe FFF qui représente la tension de la vapeur d'eau à Halle, pendant toutes les heures d'un jour du mois de janvier. Nous la voyons augmenter depuis midi jusqu'à 2 heures, où elle atteint le maximum ; puis diminuer progressivement jusqu'au lendemain, à 8 heures du matin, c'est-à-dire à l'heure du lever du Soleil, qui est celle du mini-
Fig. 93. — Variations diurnes de la tension de la vapeur d'eau et de l'état hygrométrique, à Halle, en janvier : FFF, courbe des tensions ; TTT, courbe des températures; HHH, courbe de l'état hygrométrique ou de l'humidité relative.
muni. De là elle reprend une marche ascendante jusqu'à midi et au delà, et, comme on vient de le voir, c'est au moment le plus chaud de la journée qu'elle parvient à son maximum. En un mot, la courbe de la variation diurne de la tension est, à peu de chose près, parallèle à TTT, courbe de la température. Toutefois cette concordance cesse en partie si, au lieu de considérer la variation hygrométrique diurne en janvier, on la prend dans la saison opposée, en juillet (fi g. 94). Alors, c'est bien toujours avant le lever du Soleil (vers 2 heures du matin) que la tension de la vapeur d'eau atteint le minimum. Mais, au lieu d'un seul maximum, on en observe deux, le premier vers 8 ou 9 heures du matin, le second vers 8 heures du soir ; entre les deux, à 4 heures après midi, se trouve un minimum, d'ailleurs moins élevé que celui du malin. Ces deux marches
différentes de la variation diurne sont caractéristiques de la saison d'hiver et de la saison d'été, dans les stations qui, comme Halle, sont situées à l'intérieur des terres, ou encore dans les régions tropicales. Au contraire, les pays de la zone tempérée situés sur le bord de la mer ou dans le voisinage des côtes n'offrent qu'un minimum et qu'un maximum, et
Fig. 9i. — Variations diurnes de la tension de la vapeur d'er.u et de l'élat hygrométrique, à Halle, en juillet : FFF, courbe des tensions; 11I1U, courbe de l'état hygrométrique; TTT, courbe des températures.
la courbe des tensions y reste à peu près parallèle cà celle des températures. M. Mohn donne comme exemples à l'appui de celte double marche les observations hygrométriques faites à Bergen, à Upsal, à Batavia. A Bergen, en juillet, il y a un minimum vers 4 à 5 heures du matin, et un maximum à 2 heures. A Upsal, le minimum se produit aussi de bonne heure, vers le lever du Soleil; et pendant la matinée, la tension croît jusqu'à 8 ou 9 heures, pour décroître un peu
jusqu'à 2 heures de l'après-midi; elle recommence alors à augmenter jusqu'à 9 heures du soir, après quoi elle diminue de nouveau pendant le reste de la nuit, jusqu'au point du jour. A Batavia, même marche qu'à Upsal, aux heures près : la variation diurne (moyenne des douze mois de l'année) acquiert son minimum à 6 heures du matin ; un premier maximum à 9 heures; un second minimum à 11 heures et enfin un second maximum à 7 heures du soir. « Ce qu'il y a de remarquable dans cette période, ajoute M. Mohn, c'est que le maximum de tension ne coïncide pas avec le maximum de la température, puisque en effet la tension est moindre pendant les heures les plus chaudes du jour (20mm,7 à 11 heures du matin) qu'elle ne l'est le matin et le soir (20mm,9 à 9 heures du matin et 21mm,5 à 7 heures du soir). »
Pourquoi cette différence de marche entre l'hiver et l'été, entre les stations maritimes de la zone tempérée et les stations de la même zone situées au loin dans les terres, entre nos climats et ceux des régions tropicales ? Plus la température est élevée, plus l'évaporation est active; la raison du parallélisme des courbes de température et des courbes de tension à certaines époques et dans certains lieux est donc toute naturelle. Il y a lieu seulement d'expliquer l'existence d'un minimum vers le milieu de la journée. Or on attribue ce minimum aux courants ascendants qui se produisent par suite de réchauffement du sol et des couches d'air en contact avec lui. Ces courants, entraînant une partie de la vapeur d'eau qui s'est formée dans les couches inférieures, en diminuent la tension précisément à l'instant de la plus grande chaleur. Dans le voisinage des côtes, le même phénomène a lieu; mais, en même temps que les courants ascendants se forment, s'élève la brise de mer, qui apporte avec elle un air plus humide et compense ainsi la perte de vapeur due à ces courants.
L'amplitude de la variation diurne des tensions de la vapeur d'eau varie d'ailleurs beaucoup avec les saisons. On peut s'en rendre compte en comparant les courbes de janvier et de juillet