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VARIATIONS HYGROMÉTRIQUES

à Halle (lig. 95 et 94). Tandis qu'entre le maximum et le minimum de janvier il n'y a pas 1/3 de millimètre (0m"\29) de différence, en juillet cette différence s'élève à lmm,06, ou à plus du triple. Mais la moyenne tension elle-même, dans sa marche annuelle, accuse des différences considérables, qui pour Halle vont de 4nn',17 à 11""", 52, pour Apenrade de 5mra,07 à 15,nm,32, pour Paris (Montsouris) de 5œm,05 à Hmm,18. Janvier et juillet sont les mois du minimum et du maximum pour la première et la troisième de ces stations ; c'est mars et août pour Apenrade. En général, la quantité de vapeur ou sa

Fig. 95. — Variations mensuelles de la tension de la vapeur d'eau et de l'état hygrométrique à Montsouris : FFF, courbe des tensions: IIHII, courbe de l'humidité relative; TTT, courbe des températures.

tension augmente et diminue avec la température, aussi bien dans le cours de l'année que dans le cours de la journée. On peut constater cette proportionnalité en comparant, dans la figure 95, les courbes qui représentent ces deux éléments météorologiques pour la station de Montsouris.

Les oscillations mensuelles de la tension de la vapeur d'eau suivent à peu de chose près les mêmes lois que les variations de la température. Ainsi l'amplitude est moindre dans le voisinage de la mer qu'à l'intérieur des continents ; elle est moindre dans les régions tropicales que dans la zone tempérée. Cette amplitude, qui ne dépasse guère 2 millimètres à Batavia, qui sur les côtes occidentales de Norvège n'atteint que 5 à 6 milli-

mètres dépasse 9 millimètres à l'intérieur de la Sibérie, où nous avons vu la température subir, de l'hiver à l'été, des écarts si considérables.

L'air atmosphérique et la vapeur d'eau qu'il contient, sont comme deux atmosphères indépendantes qui se pénètrent réciproquement et qui suivent les lois du mélange des gaz et des vapeurs. Dans l'état d'équilibre, l'atmosphère de vapeur d'eau doit être formée, comme l'autre, de couches de densités décrois-

Fig. 96. — Variations hygrométriques diurnes à diverses altitudes : Zurich, le Rigi,

le Faulhorn1.

santés avec la hauteur, de sorte que, à mesure que l'on s'élève dans Pair, la tension de la vapeur d'eau doit aller en diminuant. Ces prévisions de la théorie sont confirmées par l'observation. Les exceptions que l'on peut citer tiennent à des perturbations semblables à celles que nous avons constatées en décrivant les interversions de la température. En suivant les courbes de la variation diurne de la tension en un lieu élevé, on constate

1. Les courbes pleines de la figure 96 représentent les variations diurnes de la tension de la vapeur d'eau; les courbes ponctuées celles de l'état hygrométrique. Il y a eu deux séries d'observations simultanées : la première, à Zurich et sur le Rigi, est représentée pâlies courbes marquées ZZZ pour Zurich et RRR pour le Rigi; la seconde, à Zurich et sur le Faulhorn, est donnée par les courbes Z'Z'Z' pour Zurich et KFF pour le Fanlhorn.

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toutefois une différence assez notable entre sa marche et celle qu'on observe à une altitude inférieure. La figure 96 va nous permettre de mettre ce fait en évidence. On y voit les résultats des observations faites simultanément à Zurich par Horner, et sur le Rigi et le Faulhorn par Kaemtz. Dans les courbes de Zurich on remarque, outre le minimum du lever du Soleil, un second minimum vers 5 ou 4 heures de l'après-midi ; celles du Rigi et du Faulhorn ne donnent, au milieu de la journée, qu'un maximum atteint rapidement, soit à midi, soit vers 2 heures, après quoi la tension diminue avec une pareille rapidité. Or nous avons vu que le minimum de midi des stations en plaine s'explique par les courants ascendants de la matinée qui entraînent la vapeur vers les hautes régions de l'atmosphère et diminuent la tension des couches inférieures ; le même phénomène rend évidemment compte de l'absence de minimum dans les régions élevées à ces mêmes heures.

Pour terminer ce que nous avons à dire de la tension ou de la quantité absolue de vapeur d'eau contenue dans l'air, ajoutons que les observations prouvent que cette quantité va en diminuant comme la température, en allant de l'équateur aux pôles. Mais, à latitude égale, il s'en faut qu'elle soit la même. A la surface de l'Océan, à une température quelconque, elle est toujours voisine de son maximum ou de l'état de saturation. A partir des côtes, et en s'éloignant dans l'intérieur des terres, elle va en diminuant; mais les circonstances, la constitution du sol, l'abondance plus ou moins grande des eaux, de la végétation, ont une influence extrême sur l'activité de l'évaporation, qui est d'ailleurs aussi nécessairement dans une dépendance étroite avec la température, comme nous l'avons déjà dit. L'influence des vents, de leur direction n'est pas moindre sur la tension : suivant qu'ils apportent dans un lieu l'air chargé d'humidité de la mer, ou l'air qu'un long trajet sur les continents a déjà dépouillé de sa vapeur d'eau, les vents sont humides ou secs à un degré que des observations accumulées

permettent seuls de préciser. Voici les résultats obtenus à Halle par Kaemtz :

« Ainsi, dit l'auteur des observations, la quantité de vapeur est aussi petite que possible lorsque le vent souffle entre le nord et le nord-est ; elle augmente quand il tourne à l'est, au sud-est et au sud et atteint son maximum entre le sud et le sud-ouest, pour diminuer de nouveau en passant à l'ouest et au nord-ouest. La cause de ces différences est bien simple. Avant d'arriver à Halle, les vents d'ouest passent sur l'Atlantique et se chargent de vapeurs, tandis que ceux qui soufflent de l'est viennent de l'intérieur des continents de l'Europe ou de l'Asie. Ces vapeurs se résolvent déjà en pluie lorsque les venls occidentaux arrivent en France ; mais cette eau se vaporise presque immédiatement, et il en résulte qu'en Allemagne ces vents seront toujours plus chargés de vapeur que ceux de l'est. Le vent d'ouest-sud-ouest, venant à la fois de la mer et des contrées plus chaudes, peut se charger d'une plus grande proportion de vapeur d'eau que le vent d'ouest, qui est plus froid. Aussi, quoique ce dernier ait moins de chemin à faire pour arriver depuis la mer jusqu'à Halle, contient-il une moindre proportion de vapeur que le sud-ouest1. »

L'influence des vents sur la quantité de vapeur d'eau de l'air est variable du reste avec les saisons. En construisant une rose hygrométrique des vents, comme nous en avons donné plus haut pour la pression et pour la température, on trouve des courbes différentes, suivant que l'on considère la moyenne de tension annuelle ou celle de chacune des saisons de l'année. L'explication de ces variations est semblable à celle qu'on vient de lire.

\. Cours de Météorologie, traduction Ch. Màrtins.

Vents N. .

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