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DISTRIBUTION DES GLACIERS

dilion dans sa description des phénomènes dont la Mer de Glace est le siège, en disant : « Nous pouvons conclure avec certitude que, sur le plateau du col du Géant, il tombe chaque année plus de neige qu'il n'en fond1. »

L'abondance des chutes de neige est d'ailleurs subordonnée au régime des vents dominants qui soufflent dans la contrée, à leur direction, d'où dépend le degré d'humidité dont ils sont chargés. On a vu plus haut que la limite des neiges persistantes est plus élevée sur le versant nord de l'Himalaya que sur ses pentes méridionales : la raison en est que celles-ci reçoivent d'énormes quantités de vapeur d'eau qui se condensent en neige, grâce aux vents qui, soufflant de la mer du Bengale, amènent sur les flancs escarpés du midi de la chaîne des masses d'air humide de plus en plus refroidi par son ascension. Aussi les glaciers sont-ils plus nombreux et plus étendus sur ce dernier versant que sur l'autre. Le massif des Alpes remplit toutes les conditions que nous venons d'énumérer; aussi l'on y compte plus de 1000 champs de glace, parmi lesquels une centaine au moins de glaciers principaux. Selon Schlagintweit, leur surface totale mesure plus de 5000 kilomètres carrés, et les seuls glaciers du Mont-Blanc, d'après les calculs d'Huber, comprennent au moins 14 milliards de mètres cubes de glace. Dans les Pyrénées, les conditions sont beaucoup moins favorables, et les glaciers sont relativement peu nombreux. Les Carpathes n'ont pas de glaciers, tandis que les monts du Caucase sont riches en champs de glace. « Toutefois, dit M. Elisée Reclus, à qui nous empruntons ces renseignements sur la distribution des glaciers , les glaciers du Caucase n'égalent point ceux des Alpes centrales pour la grandeur ni pour la beauté, ce qui provient sans aucun doute de la faible quantité de pluies et de neiges qui tombent dans cette partie de l'ancien continent, et des fortes chaleurs estivales qui s'y font sentir. »

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