‹ Le monde physique (volume 3)Chapitre 91 sur 271 · Les glaciers el les lïahs formations de l'eau · texte numérisé non relu

Les glaciers el les lïahs formations de l'eau

Dans la zone tropicale, les glaciers sont relativement rares et petits. Ce n'est qu'à partir du 35e degré de latitude sud que l'immense chaîne des Andes, dépourvue de glaciers sur 5000 kilomètres de longueur, du Venezuela jusqu'au centre du Chili, commence à se couvrir de champs de glace. Il est probable que, sous l'influence de la radiation solaire et de la sécheresse qui règne dans les hautes régions de cette chaîne, l'évaporation compense les chutes de neige annuelles sans laisser d'excédent capable d'alimenter des glaciers. On sait aussi que l'abondance des chutes de neige n'est pas en rapport avec l'altitude; dans les Alpes, il en tombe fort peu au-dessus de 3500 mètres, et c'est vers l'altitude de 2500 mètres qu'on observe le maximum.

A l'époque actuelle, ce sont les terres voisines des pôles qui sont le domaine véritable des glaciers. Le Spitzberg, la Nouvelle-Zemble, le Groenland, l'Islande dans l'hémisphère nord, les terres antarctiques dans l'hémisphère sud, sont couverts de champs de glace1, qui presque tous viennent déboucher dans la mer, détachant sur leur front des blocs énormes, lesquels, entraînés par les courants, forment les glaces flottantes et engloutissent dans les eaux, avec leurs rares moraines, tous les débris accumulés à leur surface dans leurs longs parcours.

Sauf leurs dimensions, qui sont gigantesques, les glaciers polaires offrent les mêmes particularités que les glaciers de la zone tempérée : champs de névé, crevasses et moulins, mouvement de progression, etc.

1. Voici ce que dit des glaciers du Groenland notre éminent géologue M. Hébert : « Sur une largeur de 1300 kilomètres de l'ouest à l'est, et une longueur bien plus grande du nord au sud, ce vaste continent est enseveli sous une masse continue et colossale de glace permanente, à travers laquelle percent çà et là quelques cimes abruptes. Cette niasse s'avance vers la mer d'un mouvement régulier, portant à sa surface ou dans son intérieur des blocs de rochers éboulés des montagnes dont elle longe ies flancs. Quand elle atteint la mer, elle y pénètre sans se briser, raclant le fond qu'elle doit polir et entailler à des profondeurs plus ou moins considérables, et dont elle doit aussi entraîner des masses argileuses ou sableuses qu'elle agglutine par la congélation. A la longue, la glace étant plus légère que l'eau, lorsqu'elle plonge assez pour flotter, il s'en détache de véritables montagnes, qui s'en vont à la dérive dans la mer de Baffin, s'avancent lentement vers le sud, diminuant de volume par la ■fusion, et semant en route la boue, les graviers et les rochers qu'elles apportent du nord. »

Page 1