‹ Le monde physique (volume 3)Chapitre 92 sur 271 · LES GLACIERS POLAIRES · texte numérisé non relu

LES GLACIERS POLAIRES

Les glaciers du Spiizberg, de la Nouvelle-Zemble, du Groenland sont remarquables par leurs profondes crevasses, si dangereuses pour le voyageur qui se hasarde à explorer la surface avant le commencement de la fonte des neiges d'hiver. Alors,

Fig. 156. — Crevasses du glacier de Sermitsialik.

en effet, comme dans les glaciers des Alpes, mais sur une échelle beaucoup plus vaste, de fragiles ponts de neige dissimulent les abîmes, et cela « si complètement, dit Nordenskiold, que le voyageur peut s'approcher de très près sans soupçonner qu'un pas de plus l'entraînerait dans une chute mortelle ».

Après la fonle des neiges, les crevasses que masquaient les ponts restent à découvert, laissant voir leurs parois, dont la teinte et les reflels bleuâtres se perdent à une profondeur in-

Fig. 137. — Coupe d'un glacier polaire, d'après Nordenskiôld : 1, canal du glacier coulant à ciel ouvert; 2, canal comblé par la neige; 5, canal recouvert par une couche de neige; 4, crevasses.

sondable. Des dépressions, des rigoles se forment à la surface du glacier, que parcourent mille ruisseaux torrentueux, larges parfois comme de véritables rivières. Des lacs reçoivent les

eaux de ces torrents, eaux qui vont elles-mêmes se perdre par des écoulements souterrains sous des voûtes de glace de milliers de pieds d'épaisseur.

C'est au niveau de la mer, au fond des fjords où aboutissent

Page 1