LES GLACIERS POLAIRES. 3TI
leurs lits, que les glaciers polaires se terminent,; le plus souvent leur front s'avance au-dessus de l'eau, qu'il surplombe. La température de l'eau de la mer, en été, est un peu supérieure à zéro; elle fond la glace et mine ainsi le glacier par sa base. A la fin, la masse surplombante de glace, n'étant plus soutenue, s'écroule, et c'est ainsi que se détachent ces blocs immenses qui deviennent les glaces flottantes des mers polaires.
Fig. 159. — Front du glacier de Sermilsialifc (Groenland).
Les moraines des glaciers polaires sont peu puissantes et peu apparentes. Cela tient à ce que les montagnes de ces régions, étant peu élevées, restent enfouies sous les masses de glace et de neige ; leurs pointes font seules saillie au dehors, et une petite quantité de débris forment les moraines latérales on médianes. Quant aux moraines terminales, elles n'existent pas, ou du moins c'est au fond des fjords qu'on pourrait les trouver, puisque le front du glacier aboutit à la mer. « L'extrémité inférieure de ces courants de glace, dit Nordenskiold, affecte trois
formes différentes. Tantôt le glacier forme une chute torrentielle de séracs; l'amas glaciaire, disloqué et émietté, se creuse alors, en s'écoulant avec assez de rapidité, un sillon étroit, aux parois escarpées, où les blocs se pressent les uns sur les autres avec un fracas de tonnerre, et où passent, par centaines et par milliers, de véritables icebergs de dimensions gigantesques. D'autres fois, le glacier figure une large nappe qui, cheminant lentement, se termine du côté de l'Océan par un escarpement
Fig. 140. — Glacier à pentes douces, sur la côte ocidentale du Spitzberg (Foulbay).
régulier d'où se détachent de temps en temps de grands morceaux de glace (isblock), mais jamais de véritables icebergs au sens propre du mot. En troisième lieu enfin, il y a des glaciers de petite dimension, dont la marche est tellement lente, que la fusion des glaces du rebord est presque aussi rapide que le mouvement de progression de la masse entière; dans ce cas, au lieu de finir au rivage par une pente abrupte, ils présentent un talus glaciaire couvert de sable, de gravier et d'argile'. »