AURORES ET CRÉPUSCULES
La durée du crépuscule est très variable, selon l'époque de Tannée et Télat du ciel, mais aussi selon les climats. Si Ton admet, avec les astronomes, que l'aurore commence ou que le crépuscule finit lorsque, le matin, les étoiles de sixième grandeur sont effacées au zénith par la lumière atmosphérique ou que le soir les mêmes étoiles apparaissent (pour les vues moyennes bien entendu), l'observation constate qu'à l'un ou l'autre de ces moments le centre du Soleil est à une distance angulaire de 17* ou de 18* au-dessous de l'horizon. Il y a toutefois une différence entre le crépuscule du soir et celui du matin, la durée de ce dernier étant un peu moindre : ce qu'on attribue à la plus grande pureté de l'atmosphère, les vapeurs dont il était chargé le soir s'étant en grande partie précipitées sous l'influence du refroidissement nocturne.
La durée astronomique du crépuscule étant définie par le temps que le Soleil met à descendre de 18* sous l'horizon, on comprend la raison qui fait que, pour un lieu donné, c'est l'époque des équinoxes qui correspond aux crépuscules les plus courts, et celle des solstices aux crépuscules les plus longs. L'arc décrit sur son parallèle par le Soleil est une fraction d'autant plus grande de la circonférence diurne totale, que ce parallèle est plus éloigné de l'équateur céleste ; le temps qu'il met à le parcourir va donc en croissant de l'époque des équinoxes à celle des solstices. Pour une raison semblable, les crépuscules sont de plus en plus longs à mesure que de réquateur terrestre on s'élève à des régions de plus grande latitude; l'obliquité croissante des arcs diurnes du Soleil sur rhorizon explique alors l'allongement crépusculaire. Dans les zones polaires leur durée atteint leur maximum et les nuits des régions voisines du pôle ne sont à vrai dire que de longs crépuscules. C'est à peu près aussi ce qui arrive dans notre zone tempérée à l'époque du solstice d'été. A Paris, le jour du solstice, le Soleil à minuit, c'est-à-dire à l'heure de son plus grand abaissement sous l'horizon, ne se trouve pas à 17* : le crépuscule dure donc toute la nuit.
Mais il iiuporle d'ajouter que ces differeuces sout tantôl atlcuuées, tantôt accentuées par les circonstances atmosphériques. Si le ciel est chargé de vapeurs, les crépuscules s'allongent; leur durée diminue, quand Tair est sec et le ciel serein, et c'est ainsi seulement qu'on |)eut se rendre compte de l'écart considérable que robservalion constate entre les dm'ées réelles des crépuscules et celles qui résultent de leur définition astronomique.
a Dans l'intérieur de l'Afrique, dit Kœmtz, où l'air esl quelquefois si pur et si transparent que Bruce, dans le Sennaar, voyait la planète Vénus en plein jour, la nuit succède immédiatement au coucher du Soleil. De l'autre coté des Alpes, en Dalmatie par exemple, il fait nuit une demi-heure après le coucher du Soleil. Entre les tropiques, le crépuscule est encore plus court : il dure un quart d'heure au Chili selon Acosta, et quelques minutes à (hiniana, d'après M. de Humboldt; même phénomène sur la cote occidentale de l'Afrique. Ces résultats diffèrent singulièrement de ceux qu'indique le calcul, et d'après lesquels le crépuscule devrait durer au moins ime heure. »
A[)rès le coucher du Soleil, et à l'opposé, c'est-à-dire audessus de l'horizon oriental, on aperçoit ordinairement un segment d'une teinte bleu sombre, limité au-dessus par une teinte d'un léger rouge pour|)re. La couche (jui sépare ce segment du reste du ciel esl (pielquefois d'un blanc jaunâtre: on la nomme courbe crépusculaire, et son point le plus élevé, toujours opposé à la direction du Soleil au moment de l'observation, va en s'élevanl progressivement au fur et à mesure que l'astre s'abaisse davantage sous riiorizon.
La courbe crépusculaire n'est pas autre chose que la limite des points qui reçoivent la lumière du Soleil et nous la renvoient par réflexion. C'est la ligne de séparation du cône d'ombre que la Terre projette derrière elle avec la surface limite de l'atmosphère ; le segment obsrur qu'on voit du côté de Torienl (»sl formé des parties de ratnios[dière qui ne rec^'oivent p;is la lumière solaire. Cependant on doit admi^ttre (pie ces parties