LE MIRAGE
^V parcourt ces plaines voit alors les objets qui s'élèvent au- ^Hsus du sol, réfléchis comme sur une nappe liquide. L'illusion ^l si forte, que ceux qui sont pour la première fois témoins ^U phénomène, ne peuvent s'empêcher de croire à l'existence 'ï'éelle d'un lac étendant ses eaux à l'horizon. Les soldats français <Ie l'expédition d'Egypte se sont plus d'une fois laissé prendre a celte apparence trompeuse. Accablés de fatigue et de soif, ils voyaient les bords du lac tant désiré fuir à mesure qu'ils approchaient, renouvelant pour eux, sous une forme non moins décevante, le supplice de Tantale. Monge, un des savants qui composaient l'Institut d'Egypte, donna le premier une expli-
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Y\f!,, 259. — Explication du mirage.
cation complète du mirage, que d'ailleurs on n'observe pas seulement dans les déserts d'Afrique*.
Voici quelle est, d'après lui, la théorie du mirage : Les rayons solaires, en arrivant à la surface de la couche sablonneuse, l'échauflent très fortement, tandis qu'ils ont traversé les couches d'air superposées sans élever notablement leur température, le pouvoir absorbant des gaz étant très faible
i . Le |»hénomène du mirage a été observé très fréquemment par Mathieu et Biot ^ l)imkerque, sur le bord de la mer. Une plage sablonneuse située dans les dunes, près du fori du Risban, avait été choisie par eux pour leurs observations, que favorisait encore Texistenct^ d*an grand nombre d'objets très éloignés, tels que des clochers, des arbres, des cabanes. Ils ont constaté qu'une différence de température de deux degrés centigrades suffisait |Nuir
c,i r le phénomène du mirage.
relativement h celui des cor|)s solides. Mais la chaleur du sol s(^ communique par le contact à la couche d'air la plus basse el de celle-ci successivement à celles qui la surmontent. L'air dilaté tend bien à s'élever en vertu de sa légèreté spécifique; mais si le sol présente une surface de niveau à peu près horizontale et si l'atmosphère est calme, l'équilibre subsiste, et il ne se forme que de faibles courants produits par quelques inégalités dans la dilatation des diverses portions de la couche d'air inférieure. Il résulte de là que, vers le milieu du jour, les couches d'air voisines du sol sont rangées, de haut en bas, par ordre de densités décroissantes. Considérons alors un faisceau lumineux envoyé obliquement vers le sol par le point M d'un objet éloigné (fig. 259). En j)assant d'un milieu plus dense dans une couche raréliée, il déviera en s'éloignant de la verticale, de a en d, et cette déviation ira on croissant à mesure qu'il rencontrera des couches do moins en moins réfringentes, jusqu'à ce que, tombant en A sur une couche avec la surface de laquelk il fait un angle égal à l'angle limite, il éprouvera la réflexion totale. A partir de ce point, il suivra une marche invene, se rapprochant de plus en plus de la verticale et tombant en 0 dans l'œil do l'observateur, qui voit alors une image du pointMenN', point de convergence des rayons formant le faisceau. La même marche s'appliquant à tous les points de l'objet — ici, c'est un arbre — celui-ci semblera réfléchi comme dans un miroir, et l'observateur en verra une image renversée. Le ciel se réfléchit de la môme façon, d'où l'apparence brillante du sol à une certaine distance de l'objet, apparence qui fait croire à la présence d'une nappe liquide baignant le pied de celui-ci.
Le phénomène du mirage a lieu aussi à la surface de la mer quand l'eau possède une température plus élevée que celle de l'air, et l'explication est la même que celle du mirage au-dessus du sol. Quand les couches d'air inégalement échauffées, au lieu d'ctro séparées par des surfaces horizontales, le sont plus ou moins obliquement, on a le mirage latéral, qui s'observe principaiement dans les pays de montagnes, ou encore dans le voisi-