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LES MIROIRS MAGIQUES

Il a été fréquemment question, dans ces derniers temps, d'une sorte de miroirs auxquels on a donné le nom de miroirs magiqueSy parce qu'ils présentent un phénomène singulier, au premier abord merveilleux. Voici comment M. Bertin, dans une conférence faite sur ce sujet à la Sorbonne, décrit cette sorte de miroirs : « Les peuples de l'extrême Orient, les Chinois et les Japonais, ne connaissaient pas autrefois d'autres miroirs que les miroirs métalliques, et même aujourd'hui ils n'en fabriquent pas d'autres. Cet objet de toilette est en bronze, de formes et de grandeurs diverses, mais toujours portatif. L'une des faces est polie et toujours un peu convexe, de sorte que les images sont rapetissées; l'autre face est plane ou légèrement concave, et elle est toujours ornée de ligures en relief, venues à la fonte, d'un travail plus ou moins parfait (fig. 251).

Parmi ces miroirs, il en est un très petit nombre qui tirent de leur fabrication une propriété merveilleuse : lorsqu'un rayon de soleil tombe sur la surface polie, s'il est réfléchi contre un écran blanc, il transporte sur cet écran l'image des ornements qui sont sur la face postérieure. Au Japon, d'où nous viennent maintenant ces miroirs, ni le fabricant qui lés fait, ni le marchand qui les vend, ne se doutent de leurs propriétés; mais

Fig. 25i. — Miroir magique jai)onais (dessins en relief).

4Ba l'E^Î^NCE PHYSIQUE.

Ii's Cliiiiois iL's'oonnaissenl dejmis longtemps cl U's appirrienl; ils los appellent (i'un noniqui signifie « miroirs qui se laissent traverser par la btmihv (theou-koiiang-kicn) ». Nous les apjielons miroirs mngiifuen.

Dès fH4i, Arago prc^scnlait à l'Académie des sciences un de ces miroirs, dont Brewsler avait proposé douze ans aupanivaiil une théorie, mais sans avoir eu l'objet en sa possession et dès lors sans avoir pu faire aucune expérience. En 1847. un physicien fiaiiç;ais. Person, donna la véritable explication du phénomène. Nous allons la résumer brièvement, en indiquaal d'abord couimonl on dispose l'expérience elle-mémo.

On peut eu)ploycr simplement la lumière solaire, présenter J aux rayons du Soleil la surface polie du miroir, el recevoir \ faisceau rénécbi sui* un écran blauc placé À une ilisUincft d'uu mètre environ. L'efl'el est plus intense, si l'on ik-,laire If miroir par de la lumière divergente: le faisceau est dîlalj, \ pnisijne la surface du miroir est légèrement convexe: on |>eulli recevoir sm- l'écran à une plus gi-aude distJince : aloi-s l'inugê ] du miroir s'y dessine (lig. 252), et l'un apei-çoil avec élomM- J ment les détails des oiiiements en relief de la face )>ostérMml du miroir, de relie qui n'est pas éclairée : ces détails paniissenl plus luiuiuciix «pie le fond du miroir.

Tn ancien auteur chinois (du douzième siècle) avait ima^oè i l'explicalii'ii sui\aiiti'du phénonu"-ne. Il supposait ijue les i-elJefs du revers du miroir s'élaient reproduits en creux sur l'autre face au uu»meul du coulage : que dans ces laîlles on avait introduit un brou/c plus lin que celui du miroir, et qu'on avait ensuite poli la surfnce. I.c phéiunnène aurait été produit par l'inéjialité du pou\oir ré(lécluss;int des deux bronzes, (l'est à peu près cette explication qu'avait pro]>osée Brewsler. mais elle a été depuis recouTuie inadmissible, puisque la surface du miroir est amal-ïamée.

Voici la vraie tluVrie des niii-oii-s magiques.

IVrsou itH'ounnt que la surface polie du miroir n'était pas n>giilièremenl convexe, que celle régularité n'existait que sur

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les parties coirespondanl aux creux du revers du miroir. Les parties de celle surface qui correspondent aux reliefs, c'est-àdire aux contours des dessins du revers, soûl planes. Il résulte de là t[uc les rayons du faisceau de lumière qui tombent sur les parties convexes, vont en divergeant former une image affaiblie et relativement sombre du miroir. Les rayons du faisceau qui se réfléchissent sur les parties planes sont renvoyés parallèlement cl les images qu'ils forment sur l'écran sont plus lumineuses que celles du lond du mii'oir. On conipieiid ainsi que les dessins se voieni en blanc siii' l'éi rari.

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^^^^V Fig. ^5ït. — K\\ii^iii:uce faite avi^c un miroir magique.

Quant à l'irrégularilé de forme dont il s'agît, elle provient du mode de fabrication et de polissage des miroirs. D'après M. Ayrton, savant anglais professeur à l'École des ingénieurs de Yeddo, voici comment jtrocèdent les fabricants de miroirs japonais : « Sorti de la foule sons la forme d'un disque plan, le miroir, avant d'être poli/csl d'abord rayé dans tous les sens avec un outil pointu, et naturellement il lui olfre plus de résislance dans les parties épaisses que dans les parties minces.

Cette opération le rend d'abord légèrement concave, et c'est par la réaction élastique du mêlai qu'il devient convexe ; la convexité est plus sensible «lans les parties minces que dans celles qui correspondent aux reliefs du dessin. » Des expériences nouvelles faites [>ar M. Govi en Italie, par MM. Berlin et Duboscq en Trance, ont entièi-emenl confirmé l'explication que Person proposait dès 1847. Klles ont montré en outre qu'on peut aceroîtïe l'inéyalilé de coni'biire qui donne lieu an phénomène, en souinetlant la face poslérieure du miroir à une température élevée, ou, ce qui donne le môme résultat, à une forle pression. Lorsqu'on chauffe le miroir par derrière, les parties minces s'écliauf-fent plus rapidement que les plus épa'àses ; la pression produit le même effet ; dans les deux cas. les inégalités de la surface réfléchissante du miroirseti'onveMt accenluées.ct l'effL-t magique est augmenté.

On appelait autrefois octant ou quartier de réflexion l'insl ment que nous allons décrire et qui sert anx marins à premlri* les hauteurs des astres ou les distances angulaires de la Imh el des étoiles entre elles.

L'invention en est due à lladley (1751), mais plusieurs savants, entre aulres Newton, llooke, Tlionias tlodfrey de Philadelpbie, Harris, ont eu l'idée d'un iristrunieiil semblalile. foml"' sur le même principe. Hadiey est toutefois le [u-emier qui l'ail fait construire el qui en ait démoniré la gi'ande utililé.

Le sextant est une a[q>licati<)n 'l'un principe foi-l siuqik il»' péométi'ie et de physique, qui est lui-même une conséquenci' immédiate des lois de la réflexion des rayons lumineux'.

Quand un rayon de lumière a subi, pour arrirer à l'«i'- (leu.r r.' fierions sunessives sur deux miroirs pians, Vanylc ^' déviation de ce rapon est rigoureusement dmible de l'angk (k^ deux miroirs.

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