PHARES DE RÉFRACTION
tifiques et administratifs. « Que de choses j'aurais encore à faire ! » disait-il en adressant un dernier adieu à son excellent ami Ârago, qui Tavait si généreusement soutenu et encouragé à ses débuts dans la carrière des sciences. Cette suprême et douloureuse exclamation devait s'appliquer surtout, dans la pensée du mourant, à ses recherches sur la théorie de la lumière. Quant à son nouveau système de phares, il pouvait être considéré comme une œuvre achevée au point de vue théorique. 11 ne s'agissait plus, en effet, pour le développement de celte brillante création, que de perfectionner les procédés d'exécution et d'étudier, sous le rapport pratique, les variantes qui pouvaient être utilement introduites dans les combinaisons des éléments dioptriques et catadioptriques imaginés par Fresnel, perfectionnements et études qu'il léguait aux continuateurs de ses travaux. » (Introduction aux Mémoires (TA. Fresnel sur les phares \)
Un mot maintenant sur les moyens employés pour diversifler les feux des phares et pour permettre aux marins de reconnaître les points de la côte en vue desquels ils se trouvent.
Les phares se divisent en feux de premier, de second et de troisième ordre, selon l'intensité de l'éclat et la portée de leur lumière. Les lampes des phares de premier ordre ont quatre mèches concentriques ; il y a trois mèches dans les phares de second ordre et deux mèches dans les phares de troisième ordre. L'éclat varie dans le rapport des nombres quatre, deux et un, et équivaut à vingt, à dix et à cinq lampes de Carcel. On a même depuis dépassé ce résultat.
Voilà pour les intensités. Mais, à intensité égale, on distingue
i. Citons encore ces paroles d*un digne appréciateur du génie de Fresnel, Emile Verdet: « On ne saurait estimer trop haut, dit-il, le service que Tinventeur des phares lenticulaires rendit à son pays et, on peut le dire, h tout le monde civilisé. Cependant, à Toccasion de ces services, si grands qu'ils soient, on ne saurait se défendre d'un regret. D'autres ingénieurs auraient tôt ou tard imaginé les lentilles à échelons, les lampes h mèches concentriques, les phares à éclipses; mais Fresnel pouvait seul continuer la révolution qu'il avait commencée dans la science. Qui peut dire ce qu'il aurait fait s'il lui avait été pennis de poursuivre, sans interruption et libre de tout soin, le développement de ses fécondes pensées? » (Introduction aux (tuvres (TA. Fresnel,)
les feux les uns des autres par le nombre des éclipses et U durée des inteiralles qui les séparent, et aussi par la couleur de la lumière des éclats. II y a les feux fixes, produits par un appareil lenticulaire de forme cylindrique; puis les feux à éclipses à éclats blancs, rouges ou verts diversement combinés. L'appareil lenticulaire est alors formé d'un tambour octogonal principalement composé de huit lentilles simples à échelons. La
Fig. SS7. — Appareil de pi«iDier ordre à feu Gie el i liunièra blaocbe.
Fig. 968. — Appareil de premier ordre h Éclipses de ninute en miaule.
Fig. S69. — Appareil t fiiii blancs e( rouges cl k iàif»
de 90 en 90 secondes.
rotation plus ou moins rapide du système donne lieu à une succession d'éclats et d'éclipsés dont la durée varie. Enfin, à l'aide de glaces colorées interposées au devant des lentilles, od fait encore varier la couleur des feux. Les figiu«s 267, 268el 269 montrent comment sont disposés les appareils pour quelques-unes de ces combinaisons. On peut voir en outre, dans les iigures 270, 271 el 272, comment les appareils sont installés dans la lanterne qui couronne la tour du phare, et quelle
PHABES DE RÉFRACTION. 491
est la disposition architecturale de l'édifice. Le phare de Gordouan a, comme on voit, un aspect tout à fait monumenlal et il est entièrement construit en pierres. Celui de la Nouvelle- Calédonie, tout récemment installé, est au contraire en tôle el en fonte de fer. Construit à Paris, il a donc pu être transporté
Fig. 370. — Appareil lenticulaire et lanlernc d'tm phare <lc premier ordi'c
tout fabriqué au lieu de sa destination, oij il est inauguré depuis douze ans.
, Une nouvelle innovation a été introduite, en ces derniers temps, dans l'éclairage des phares. Elle est relative à l'emploi de la lumière électrique, substituée à celle d'une lampe ordinaire, et par conséquent à l'accroissement d'intensité et de por-
LE MONDE PHYSIQUE, tt*'!; dos (eux des phares. Mais l'appareil dioplrique reslanl \v , môme, nous n'avons point ici à nous occuper de ce système ; ^ nous y reviendrons dans le livre consacré aux applications dt^
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