‹ Le monde physique (volume 5)Chapitre 141 sur 185 · LA LUNETTE ASTRONOMIQUE · texte numérisé non relu

LA LUNETTE ASTRONOMIQUE

lance de la vision distincte. C'est en ce même point que doit se IrouTcr l'image réelle formée par l'objectif; et on y parvient, comme nous venons de le dire plus haut, en enfonçant plus ou moins le tube porte-oculaire.

Les lunettes à long foyer des observatoires astronomiques sont d'un poids qui rend le maniement de ces instruments dilOcile. On leur adapte alors une monture plus compliquée, et, par l'intermédiaire d'engrenages et de tringles que nous n'avons

Fig. SOT. — luaelle asironomique monlcc sur ud piid i engrenages.

pointa décrire ici, on parvient à leur imprimer tous les mouvements nécessaires avec la lenteur et la précision convenables. D'après ce que nous avons dit plus haut du grossissement d'une lunette astronomique, il semble qu'il dépende, pour un m£me instrument, ou mieuï pour un même objectif, de l'oculaire. Et, en effet, une même lunette peut être susceptible de donner des grossissements variables par l'emploi d'oculaires différents, à foyers plus ou moins courts. Théoriquement parlant, la puissance d'une lunette semblerait donc illimitée ; mais.

à la vérité, elle dépend d'aulres éléments dont nous allons dire un mol.

La qualité d*une lunette et sa puissance dépendent principalement de robjeclif. Il est indispensable d'abord que la matière qui le compose soit aussi pure que possible, que les verres des lentilles soient exempts de bulles et de stries. La taille et le polissage de la surface ont une importance non moins grande, et c'est de leur perfection que dépend surtout la netteté de rimage réelle que Tobjectif forme à son foyer.

Maintenant, à égalité de perfection à ces divers points de Mie, Tobjectif qui supportera le grossissement le plus fort sera celui dont le diamètre sera le plus considérable, et dont la distance focale sera la plus grande. En effet, la clarté de Timage virtuelle dépend d'abord de Téclat de Timage réelle, et, par conséquent, de la quantité des rayons lumineux qui contribuent à former cette dernière. Or cette quantité est en rapport direct avec la grandeur ou l'ouverture de Tobjectif. Comme le grossissement de Toculaire éparpille les rayons sur un plus grand espace, l'image virtuelle est d'autant plus affaiblie et confuse que ce grossissement est plus fort, à moins que les rayons ne proviennent d^un point lumineux de dimension insensible et brillant d'une lumière propre comme les étoiles. Dans ce dernier cas, raffaiblissement provenant du grossissement est nul, et l'éclat est accru dans le rapport des carrés des ouvertures de l'objectif et de la pupille de l'œil. Aussi, avec une lunette d'une grande ouverture, le nombre des étoiles qu'on peut apercevoir dans une étendue limitée du ciel s'agrandit-il considérablement, conmie le prouvent les figures 508 et 309. L'une montre un coin du ciel pris dans la constellation des Gémeaux, où les étoiles, vues à l'œil nu, sont au nombre de sept; à l'aide d'une lunette de 27 centimètres d'ouverture, M. Ghacornac y a compté 3205 étoiles. En admettant 6 millimètres pour l'ouverture de la pupille, l'éclat se trouvait en effet augmenté dans le rapport de 36 à 72 900 ou de 1 à 2025^ abstraction faite de l'absorption de la lumière par la matière des lentilles.

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