PHOTOGRAPHIE CÉLESTE
l'homme et les races humaines, on peut le répélcr pour les innombrables espèces animales et végétales, que des dessinateurs d'une grande habileté savent sans doute reproduire, mais non sans beaucoup de temps et de travail. D'ailleurs, ces dessinateurs de talent sont rares. Chaque explorateur, chaque voyageur dans des contrées inexplorées ou mal connues, ne peut prétendre à posséder cet art diflieile. Muni d'un appareil photographique et des substances convenables, il peut obtenir, avec un travail et un temps relativement minimes, une masse considérable de documents qui auront surtout cela de précieux, qu'aucun doute ne peut subsister sur la lidélilé de l'agcnl qui les a dessinés et lixés.
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De rintinimcnl petit, ta i>hutographic a pu passer à l'inliniment grand. Les phénomènes célestes n'ont pas échappé à son action. On a photographié te Soleil et ses taches, la Lune et ses montagnes, les éclipses et les particularités physiques qu'elles ont olîertes; on s'est essayé sur les planètes et sur les constellations éloilées.
Le dernier mot n'est pas dit sur les services que l'astronomie retirera peut-être un jour de cet art merveilleux de la photographie; mais quelle que soit l'importance de ceux qu'elle a déjà reçus, peut-être n'a-t?-on pas toujours bien compris le véritable l'Ole de la photographie astronomique et l'influence qu'elle |)eut avoir sur les progrès de la science elle-môme. Tous les astronomes ne sont pas d'accord à ce sujet, et nous croyons qu'on lira avec intérêt les remarques et les réserves faites, il y a une douzaine d'années, par un astronome qui avait autant d'expérience et de science que de modestie, l'auteur de la Sélénographie, le vénérable Mœdler. Nous ferons suivre ces observations d'un court résumé des progrès réalisés par la phot(^raphie céleste dans ce court intervalle de temps, et l'on
pourra ainsi se rendre compte du chemin qui resle encore à faire pour réaliser les espérances conçues.
« La plupart des personnes qui m'écoutenl, dit Mîedler, peuvent encore se rappeler qu'aussitôt après la découverte de la photographie, on entendit exprimer des espérances qui iront d'analogues que celles de Descartes et de ses contemporains à la suite de la découverte des lunettes astronomiques. On plaignait les malheureux savants qui avaient passé toute leur vie sans interruption à ohserver, à mesurer et à dessiner. Non-seulemenl on devait faire la même chose sans peine, et dans un temps bien moindre, mais on devait obtenir des résultats bien meilleurs, beaucoup plus exacts, beaucoup plus détaillés qu'anciennement. Ce qui m'a coûté sept années, la détermination de la surface de la Lune, devait être bien mieux fait en sept secondes.
« Aujourd'hui, trente années se sont écoulées depuis la découverte de Daguerre ; comment ces espérances ambitieuses ont-elles été exaucées?
« Warren de la Rue en Angleterre, William Cranch Bond en Amérique, et d'autres, ont mis courageusement la main à l'œuvre. Ils ont adapté de puissantes lunettes astronomiques à des appareils photographiques, et ils sont également arrivés à donner à leurs appareils, pendant le court intervalle de temps nécessaire à la production des épreuves, le même mouvemenl que les corps célestes dont ils se proposaient do voir l'image. Ainsi la Lune a été photographiée dans ses différentes phases; mais les détails sont restés bien au-dessous de ceux qu'un habile observateur peut déterminer. Bond s'est occupe des étoiles fixes, et il disposait d'une lunette astronomique permettant d'apercevoir les étoiles de quatorzième grandeur ; mais il n'a pu obtenir que des images faibles, à \^e\ne visibles, des étoiles de cinquième grandeur.
« Nous pourrions citer, il est vrai, des dessins très précieux que nous devons à la photographie astronomique ; mais ce ue sont point les détails du ciel étoile que l'on peut atteindre de cette manière et que l'on peut conserver ainsi : ce sont des