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QU'EST-CE QUE LA LUMIÈRE

g 1. ANaERRES HYPOTHÈSES SUR LA nATCHE DE LA LmUèHE.

Nous nous sommes borné jusqu'à présent à décrire les phénomènes Iiunineux et quelques-unes de leurs lois, sans faire intervenir dans l'explication des faits aucune hypothèse sur la nature de la lumière. Dès le début toutefois, nous avons laissé entrevoir que la lumière consiste, comme le son, en vibrations très rapides des molécules des sources, vibrations qui se communiquent à un milieu spécial et s'y propagent sous la forme d'ondulations avec une vitesse considérable. Le moment est venu d'expliquer plus complètement la théorie, sans laquelle les phénomènes qui nous restent à décrire paraîtraient le plus souvent inexplicables.

Commençons par résumer sommairement les anciennes hypothèses sur la lumière, hypothèses aujourd'hui généralement abandonnées.

Les anciens n'avaient à cet égard, comme sur les autres phénomènes physiques, quq les idées les plus erronées ou les notions les plus vagues. Que dire de la façon dont l'école pythagoricienne expliquait la lumière, ou plutôt la vision ? Suivant les philosophes de cette école, « l'œil projette hors de lui une infinité de rayons qui, comme autant de bras invisibles, vont lâter et saisir les objets perçus : de là l'image visuelle de ces objets. Démocrite et les Épicuréeus établirent une théorie tout

opposée , qui a fini par remporter. D'après cette théorie, les images qui se forment dans l'œil sont, au contraire, une émanation des objets. Platon essaya de concilier les deux théories, en expliquant la vision par la rencontre des rayons partant de l'œil avec les rayons émanant de l'objet. » {Hœfer, Histoire àe la Physique.) En quoi consistait cette double émanalioD, cl comment la sensation de la lumière pouvait-elle résulter de la rencontre de rayons qui se choquaient hors de l'œil? Il est bien difficile de se rendre compte de la pensée qui avait suggéré de telles hypothèses.

L'opinion d'Aristote n'est pas moins singulière. Ce grand philosophe « expliquait la nature de la lumière en supposa»! qu'il y a des corps transparents par eux-mêmes, par exemple, l'air, l'eau, là glace, etc., c'est-à-dire des corps qui ont la propriété de rendre visibles ceux qui sont derrière eux; mais comme dans ta nuit nous ne voyons rien au travers de ces corps, il ajoute qu'ils ne sont transparents que potentiellement ou cd puissance, et que dans le jour ils le deviennent réellement et actuellement; et d'autant qu'il n'y a que la présence de la lumière qui puisse réduire cette puissance en acte, il définit par cette raison la lumière l'acte du corps transparent considéré comme tel. Il ajoute que la lumière n'est point le feu ni aucune autre chose corporelle qui rayonne du corps lumineni, et se transmet à travers le feu,' ou de quelque autre corps lumineni, au corps transparent. » (Encyclopédie.)

Il faut arriver jusqu'aux temps modernes, où la méthode d'obsenation expérimentale a été sérieusement inaugurée, pour rencontrer, en ce qui touche la question posée en tête de ce chapitre, autre chose que des vues purement spéculatives, c'eslà-dire pour trouver des hypothèses véritablement scientifiques. Nous ne passerons pas en revue toutes celles qui. ont été proposées; toutes d'ailleurs se ramènent plus ou moins à deu.^ théories principales : la théorie de Vémission et celle des otuiulatiom. Commençons par l'exposé de la première, qu'on nomuie aussi théoiie de l'émanation.

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