PÈSE-SELS, PÈSE-AGIDES, ALCOOMÈTRES. U
gradué de la sorte marque 65" dans l'éther anhydre, 47", 5 dans l'alcool absolu, 22", 5 dans l'ammoniaque à 0,92 de densité.
Les expressions usitées : alcool à 56", alcool à 40", indiquent donc que le pèse-liciuciir de Baumé, plongé dans une liqueur alcoolique ou spiritueuse, affleure aux divisions 56 ou 40 de l'aréomètre ainsi gradué.
On construit des aréomètres pour vérifier la richesse du vin en alcool ; on les nomme alors pèse-^in ou œnomètres ; d'autres pour reconnaître si le lait est ou non étendu d'eau : ce sont les pèse-lait ou galactomètres.
M. Buignet, dans ses Manipulations de j)hysiciue, fait ressortir en ces termes les inconvénients du système de graduation de Baumé : « Ces instruments, dit-il, sont gradués d'après des règles de pure convention. Les chiffres inscrits sur leur tige n'ont aucun rapport avec la densité des liquides dans lesquels on les plonge, et ce n'est que par un calcul plus ou moins compliqué que l'on peut parvenir à la connaître. Il existe, il est vrai, pour l'usage des laboratoires, des tables qui donnent la densité correspondant à chacun des degrés marqués par ces deux sortes d'aréomètres Mais à l'inconvénient de ne donner ni le poids spécifique des liquides, ni la proportion relative des éléments qui le constituent, le système de graduation de Baumé joint les deux suivants, qui ont aussi leur importance : i" l'échelle des aréomètres destinés aux liquides plus denses que l'eau n'a pas le môme point de départ que celle des aréomètres destinés aux liquides moins denses : l'eau distillée affleure au point 0" dans le premier cas, et au point 10" dans le second; 2° l'établissement des degrés est obtenu au moyen d'une eau salée à 15 pour 100 lorsqu'il s'agit des liquides plus denses que l'eau, et à 10 pour 100 seulement lorsqu'il s'agit des liquides moins denses. C'est là un défaut d'identité qui est regrettable. »
Dans le but de remédier à ces inconvénients, on construit maintenant des aréomètres dont la graduation donne directement et à simple lecture la densité des liquides au sein des-
quels on les plonge : les uns sonl destinés aux liquides plus denses que l'eau, les autres aux liquides moins denses ; mais, à raison de leur principe et de leur usage, ils reçoivent le nom commun de densimètres.
Pour graduer les densimètres, on les plonge tout lestés dans l'eau distillée; le lest est tel que la tige des instruments de la première catégorie affleure en un point voisin de l'extrémité supérieure, et celle des instruments de la seconde catégorie en un point de la partie la plus basse. Ce point d'affleurement est marqué iOO et correspond à la densité 1. Puis on les plonge dans un liquide de densité connue, 1,25 pour les plus denses, 0,80 pour les moins denses que l'eau. Aux nouveaux points d'affleurement on marque 80, qui indique la graduation en volume. On partage l'intervalle en 20 parties égales, et il est clair que chaque degré correspond à des densités aisées à calculer. Les nombres ainsi trouvés par le calcul se marquent d'ailleurs sur les divisions de l'instrument, dont l'échelle indique à la fois les volumes et les densités.
Les densimètres à graduation double ont été adoptés par le Codex de 1866 comme préférables à l'aréomètre de Baumé.
L'alcoomètre centésimal de Gay-Lussac (fig. 210) a également sur celui de Baumé un grand avantage : sa graduation n'indique pas seulement la force comparative en alcool des mélanges d'alcool absolu et d'eau, elle donne instantanément la proportion en centièmes des volumes de l'esprit et de l'eau. Ainsi, quand l'instrument, plongé dans un mélange, marque 70°, c'est que ce mélange renferme en réalité 70 parties d'alcool pur et 50 parties d'eau. Gay-Lussac, pour graduer un aréomètre centésimal, le plongeait successivement dans les mélanges renfermant 0, 10, 20, 50 100 d'alcool absolu, opération
délicate et laborieuse, parce que le mélange des deux liquides détermine à la fois une contraction et une élévation de température, de sorte qu'il fallait attendre qu'ils fussent refroidis à une même température (celle de 15° centigr.) pour calculer la proportion nouvelle des deux volumes. Les degrés de son échelle