PRESSE HYDRAULIQUE
mer certaines matières. Ces matières C sont placées entre deux plateaux , l'un tîxé à la partie supérieure d'un hàti solide ; l'autre, mobile entre les montants du même bâti,' est poussé de bas en haut par la tête du plus grand piston P. Ce dernier plonge dans un corps de pompe cylindrique M plein d'eau, qui communique par un tuyau avec une ])ompe foulante. C'est le piston p de cette pompe qui reçoit la pression à transmettre, et qui joue le rôle du plus petit piston de la machine théorique. Voyons maintenant, à l'aide de la même figure qui repré-
Fig. 211. — Presse hydraulique (vue et coupe).
sente une vue intérieure des principaux organes de la machine, comment ces divers organes sont disposés et fonctionnent.
AB est la pompe foulante manœuvrée par un levier et dont le piston p foule l'eau du réservoir m dans le cylindre M. La pression exercée par le liquide se transmet au piston P et, par suite, aux matières placées au-dessus du plateau C.
Pour prévenir les fuites d'eau par les fissures des joints du piston P et du cylindre, Bramah a imaginé de réserver dans le massif des parois du cylindre un espace annulaire ab, et de remplir cet espace à l'aide d'une pièce de cuir découpée d'abord
en forme d'anneau plat, puis emboutie, c'esl-à-dire façonnée en U renversé sur tout son contour, comme le montre la figure L'eau qui pénètre au-dessous de cet anneau dans l'espace annulaire réservé exerce sa pression sur toute la face inférieure du cuir; il en résulte que pins la pression est considérable, plus l'anneau s'appliqne avec force à la fois contre le cylindre et contre le piston, plus le joint qui les sépare est hermétiquement fermé.
Le plus souvent la pression à exercer, faible au début de l'opération quand les substances à comprimer sont encore peu compactes, doit aller en croissant à mesure que l'on approche du but qu'on se propose. On obtient ce résultat sans avoir besoin de modifier la force enq)loyée : on raccourcit simplement le bras de levier de la pompe. La pression dépend, en effet, du raj)port des surfaces des pistons et de la longueur du bras de levier servant à la manœuvre. Ainsi la surface du piston P estelle 50 fois celle du piston p, et la distance du point H où s'exerce la force de la manœuvre, au point G autour duquel tourne le levier, est-elle 10 fois plus grande que GH, la pression totale transmise vaut 50x10 ou 500 fois celle de la manœuvre. Si cette dernière équivaut à un j)oids de 100 kilogrammes, la pression effectuée, abstraction faite des i)ertes dues au frottement, sera 500 X 100 ou 50 000 kilogrammes.
11 résulte de là que, poui' diminuer cette pression, il suffit d'allonger la distance GH, ce qui se fait très aisément en changeant de position l'axe GG', aufeour duquel tourne le levier ; en raccourcissant la môme distance, on accroîtrait la pression.
Du reste, chaque machine est construite dans des conditions de solidité et de résistance combinées en vue des opérations qu'elle a pour objet d'effectuci'.
Les usages de la ju'esse hydraulique sont aujourd'hui très variés : on l'emploie pour exprimer les sucs de certaines plantes, par exemple l'huile des graines oléagineuses; pour comprimer le papier, les étoffes, les fourrages destinés à être transportés à de grandes distances et (pii occupeut, ainsi com-
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primés, un volume beaucoup moindre qu'avanl l'opération; elle est utilisée dans la fabrication .des bougies , du vermicelle, etc. Les câbles en fer qu'on forge dans les usines nationales pour la marine, sont soumis à des épreuves ayant pour objet de vérifier la résistance à la traction ; c'est la presse hydraulique qui sert à cette vérification.
La même machine a servi à élever des poids considérables à de grandes hauteurs. C'est ainsi qu'ont été montés, au haut des piles de Britannia Bridge, les quatre énormes tubes en fer laminé composant le tablier de ce pont gigantesque, qui permet au chemin de fer de Chester à Holyhead de franchir le bras de mer situé entre l'île d'Anglesey et le comté de Carnarvon. Près de 2 millions de kilogrammes ont été ainsi élevés à une hauteur moyenne de 35 mètres par des presses hydrauliques mues par la vapeur.
Nous devons signaler une modification récente et très ingénieuse de la presse hydraulique primitive, consistant dans la suppression de la pompe foulante qui transmet au piston du gros corps de presse l'action motrice, et dans la substitution au piston de cette ])ompe d'un fil métallique ou d'une corde. Le fil (on la corde) dont il s'agit est introduit, par voie de traction, dans le corps de presse; il transmet au liquide incompressible, que renferme ce dernier, la pression nécessaire à cette introduction, et cette pression même se trouve multipliée, comme dans la presse hydraulique ordinaire, dans le rapport des surfaces de section du gros piston et du fil.
Le corps de presse renferme (fig. 212) une bobine qui est manœuvrée du dehors, à l'aide d'une manivelle, et qui reçoit successivement autour d'elle le fil que lui abandonne une autre bobine. Peu à peu le fil se trouve donc introduit dans le liquide que contient le corps de presse. Ce liquide (c'est ordinairement de l'huile) se trouve ainsi déplacé, et la pression qu'il doit subir, pour que ce déplacement s'effectue, se transmet également sur chaque élément de la surface de section du piston égal à la section du fil lui-même.
11 y a, à cette disposition nouvelle imaginée par MM. Desgoffe et Ollivier, deux principaux avantages : d'abord, la force comprimante se trouve considérablement accrue, puisqu'on peut donner au fil un diamètre beaucoup plus petit que celui du piston de la pompe foulante, à cause des déformations qu'une tige de métal rigide subirait inévitablement si ses dimensions étaient trop faibles. De plus, l'introduction du fd de la presse sterhydraulique se fait par enroulement autour de bobines intérieures et extérieures au cylindre du corps de presse ; le mouvement^est donc continu, tandis que la compression se fait par
Fig. 212. — Presse sterhydraulique de MM. Desgoffe et Ollivier.
coups successifs dans la presse ordinaire. Mais, à côté de ces avantages, il y a des inconvénients, que M. Tresca résume ainsi dans le rapport, d'ailleurs favorable, que ce savant ingénieur a fait de la presse sterhydraulique à la Société d'encouragement pour Vindustrie nationale :
« Pour loger la bobine intérieure, il faut donner au corps de presse une capacité plus grande ; pour pouvoir transmettre le mouvement, il faut ménager un orilice destiné au passage de l'arbre et munir cet orifice d'une boîte à étoupe bien étanche ; il en est de même pour l'orifice d'introduction du fil, qui ne doit laisser suinter aucune partie du liquide, sous peine de lais-