LES ASCENSIONS SCIENTIFIQUES
meiitioiiiicr d'abord celles de MM. Barrai et Bixio en 1850, puis les trente ascensions que l'aéronaute anglais Glaisher effectua de 1800 à 1805. Parmi les résultats les plus curieux de la seconde ascension des deux premiers savants, il faut citer la constatation qu'ils firent de l'existence, en plein été, de nuages formés tout entiers d'aiguilles de glace, nuages qui n'avaient pas moins de 4 kilomètres d'épaisseur. Parvenus à la hauteur de 7049 mètres, MM. Barrai et Bixio notèrent une température de 59 degrés au-dessous de zéro, à peu de chose près celle de la congélation du mercure.
Fig. 280. — Départ J'iiii ballon à l'usine de la Villette.
Les voyages de Glaisher, ceux que de jeunes et courageux aéronautes français, MM. Fonvielle, Flammarion et Tissandicr, firent il y a quelques années, sont décrits avec détails dans un ouvrage intéressant, les Voyages aériens, auquel nous renvoyons le lecteur curieux de s'initier aux péripéties de ces sortes d'expéditions.
Mais nous devons mentionner encore tout spécialement deux ascensions laites dans le courant de l'année 1875, et dont la seconde restera tristement célèbre dans les annales de l'aérostation et de la science.
La première ascension fut remarquable par sa longue durée. Le ballon le Zénith, parti le 23 mars de l'usine de la Villelte à 6 11. 20 du soir, et monté par cinq aéronautes, MM. Crocé Spinelli, Sivel, G. et A. Tissandier, Robert, atterrit le lendemain soir à 5 heures dans la Gironde, près du bassin d'Arcachon. De nombreuses observations scientifiques furent faites ilans ce long trajet. Trois semaines après, eut lieu une ascension nouvelle du même aérostat, monté par les trois premiers des jeunes savants que nous venons de citer. Le Zénith parvint, à deux reprises, à une hauteur considérable, que les baromètres-témoins ont prouvée être de 8600 mètres. Malheureusemeiit, deux des courageux aéronautes, Sivel et Crocé Spinelli furent victimes de leur dévouement à la science : ils furent asphyxiés dans les hautes régions, malgré la précaution qu'ils avaient prise de munir le ballon de petits ballonnets gonflés d'oxygène, destinés à suppléer à l'iiisuffisance de ce gaz dans l'air qu'on respire à de telles hauteurs.