I . UNIVERSALITÉ ET CONSTANCE APPARENTE DE LA PESANTEUR
De toutes les forces dont les sciences physiques et naturelles étudient les effets, il n'en est pas une dont l'action semble plus universelle et plus constante à la fois que la pesanteur.
Et d'abord plus universelle.
En effet, tous les corps que nous voyons et touchons, avec lesquels nous sommes en relation quelconque à la surface de la Terre, sont pesants. C'est un fait d'expérience.
Une pierre ou toute autre masse solide qu'on abandonne à elle-même à une certaine hauteur dans l'air, se précipite, et ne s'arrête dans son mouvement qu'après avoir rencontré un obstacle matériel, touché le sol par exemple; un corps de forme arrondie, comme une boule, roule le long d'un plan incliné à l'hjrizon ; si c'est une masse liquide, comme l'eau d'un ruisseau, d'un fleuve, on la voit couler sur la surface en pente qui lui sert de lit. En un mot, tous les corps solides ou liquides, non soutenus, ont une tendance à se mouvoir de haut en bas, en laquelle consiste précisément la pesanteur. Tout le monde sait que la tendance opposée, qui se manifeste dans les corps plongés à l'intérieur d'un fluide plus lourd, telle que l'ascension du liège dans l'eau, de la fumée, de la vapeur dans l'atmosphère, ne sont que des exceptions apparentes, dont l'explication, qu'on verra bienlôt, est précisément basée sur les lois mêmes de la pesanteur.