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ACOUSTIQUE MUSICALE

§ 1. DES SONS tMPKOYÈS EN MUSIQUE, ÉCHELLE MUSICALE.

La perception des sons musicaux a, pour l'ouïe humaine, des limites qu'on a cherché à déterminer par l'expérience, ainsi que nous l'avons dit dans un précédent chapitre. 52 vibrations simples par seconde, voilà pour la limite des sons graves; celle des sons aigus va jusqu'à 73000 vibrations'. Entre ces limites extrêmes, l'échelle des sons est évidemment continue, de sorte qu'il y a une infinité de sons ayant une hauteur différente, appréciable à l'oreille, et passant du grave à l'aigu ou de l'aigu au grave par degrés insensibles.

C'est en les combinant par voie de succession ou de simultanéité, d'après des règles déterminées de temps, de hauteur,

1. Lo son qui est produit par 39 ou ô5 vibrations simples par seconde, est le plus grave de ceux que donnent les grandes orgues : il correspond à uL^- Dans les instruments d'orchestre, la contre -basse donne uLi, soit 66 vibrations simples. Les pianos actuels vont du la.2 (55 vibrations) à Vut^^ (8448 vibrations). La petite flûte a pour son le plus élevé le rég, donnant 9504 vibrations. Enfin les limites de la voix humaine sont comprises enire le fa.i des basses-tailles, et Vtil,- des soprani. C'est donc entre les limites de 52 et 9500 vibrations que se trouvent compris les sons réellement employés en musique; et encore les plus graves et les ])lus aigus, que nous venons d'indiquer, ne produisent-ils que des sensations fort peu agréables à l'oreille; ils sont très peu usités. « Les sons d'un bon emploi en musique, dit Helmholtz, et dont la hauteur peut être appréciée d'une manière pré ■ cise, sont com|iris entre 40 et 4000 (80 et 8000) vibrations, dans une étendue de 7 octaves. » Despretz avait l'ait fabriquer par un constructeur, M. Marloye, une série de diapasons dont le plus élevé était le j-Ciq (uti = 128) : il exécutait donc 75 700 vibrations. Mais l'oi'eille était douloureusement affectée par l'audition de ce son extrême, qui dépasse si considérablement la limite des vrais sons musicaux.

d'intensité, de timbre, qne le musicien arrive à produire les effets qui constituent une œuvre musicale.

Dans toute œuvre musicale, on peut considérer les sons, soit dans leur succession, soit dans leur combinaison ou simultanéité. Le mouvement des sons successifs, avec leiu^s variations de hauteur, de durée, avec l'accentiiation ou le rhythme, est ce qui forme la mélodie. La combinaison des sons, leur mélange simultané, qui donne lieu à une succession de consonnances et de dissonnances ou d'accords, réglée par certaines lois, constitue Vharmonie.

Un chant, exécuté par un seul instrument ou une seule voix, est nécessairement une simple mélodie ; et il en est encore ainsi quand plusieurs voix ou plusieurs instruments exécutent simultanément le chant en question, si dans toute l'étendue du morceau tous les exécutants restent à Viniisson. Le mélange des instruments et des voix ne change pas, dans ce cas, le caractère mélodique du morceau musical ; tout au plus en accroît-il la puissance et envarie-t-il les timbres; cette simultanéité n'est pas harmonie.

A l'origine, la musique ne connaissait pas d'autres combinaisons : e\]Q élmi homophone, selon l'expression employée par Helmholtz. a Chez tous les peuples, dit-il, la musique a été originairement à une seule partie. Nous la trouvons encore à cet état chez les Chinois, les Hindous, les Arabes, les Turcs et les Grecs modernes, quoique ces peuples soient en possession d'un système musical très perfectionné sur certains points. La musique de l'ancienne civilisation grecque, sauf peut-être quelques ornements, cadences ou intermèdes exécutés par les instruments, était absolument homophone ; tout au plus les voix s'accompagnaient-elles à l'octave. »

C'est au moyen âge, dans la musique sacrée, que l'association de parties distinctes, d'abord très peu compliquée, puis progressivement plus savante, donna naissance à la musique harmonique. La mélodie, dans un morceau musical, est seulement alors la partie principale, dont les parties secondaires

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