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INTERFÉRENCES SONORES

Voilà donc établi Ihéoriquement ce paradoxe de Facoiistiqne : Un son ajouté à un autre son peut donner du silence.

Le phénomène de dcstruclion ou d'annulation du mouvement sonore, dont la possibilité théorique vient d'être prouvée, est ce <|u'on nomme interférence, par analogie avec les phénomènes d'interférence lumineuse, dont nous aurons plus tard à faire la description.

Dans la figure 359, on voit la représentation graphique de divers cas d'interférence sonore. Les ondes aaa..., bbb..., s'ajoutent et produisent l'onde résultante AAA. Les ondes aaa....

Fig. 359. — Interférence des ondes sonores.

aidia^ se composent en donnant pour onde résultante l'onde aaa... ; enfin les ondes opposées aaa... bbb... se détruisent dans tous leurs points; l'onde résultante sera nulle. Il y a interférence complète des sons.

Voilà pour la théorie. Il reste à faire voir comment l'expérience permet de réaliser ces conséquences singulières des principes de l'acoustique. Wheatstone s'est servi, pour prouver l'interférence du son, d'un tuyau sonore à deux branches, bifurquées en forme de deux jambages comme la lettre Y : en disposant les ouvertures au-dessus d'une plaque vibrante qu'il faisait résonner, il obtenait à volonté, soit un renforcement du

son prodiiil, soit le silence du tuyau. 11 y avait renforcement du son, c'est-à-dire entrée en vibration de la colonne d'air du tuyau , quand les deux ouvertures correspondaient à deux ventres alternes de la plaque, ayant des mouvements de même sens; le tuyau restait silencieux, si les deux ouvertures étaient placées vis-à-vis de deux ventres consécutifs ou doués de mouvements de sens contraire.

Le savant physicien anglais faisait une expérience tout aussi concluante au moyen d'un appareil oii les deux tuyaux, placés parallèlement, étaient reliés par un troisième tuyau à angle droit avec les premiers : deux ouvertures percées aux extrémités des tuyaux latéraux se trouvaient en regard l'une de l'autre, si les tuyaux étaient disposés parallèlement. Dans cette position, on interposait entre eux une plaque sonore qu'on mettait en vibration, et ainsi l'ouverture de chaque tuyau se trouvait en regard d'une même région de la plaque, mais l'une était d'un côté, l'autre de l'autre, de sorte que les mouvements vibratoires communiqués à la colonne d'air de l'un des tuyaux étaient exactement opposés à ceux que recevait la colonne de l'autre. Ces deux ondes, se propageant au même instant en sens inverse, se détruisaient, et le son de la plaque s'entendait seul. Mais si l'on faisait alors tourner l'un des tuyaux, de façon qu'une seule des deux ouvertures se trouvât placée en regard de la surface vibrante, l'interférence cessait, le tuyau entrait en vibration ; le renforcement du son de la plaque se faisait aussitôt entendie.

Empruntons maintenant à Ilelmholtz deux autres exemples où a lieu le phénomène d'interférence, c'est-à-dire où le son se trouve détruit par le son :

« Supposons, dit-il, deux tuyaux d'orgue exactement semblables, accordés à l'unisson, et montés sur le même sommier, tout près l'un de l'autre. Chacun d'eux, isolément frappé par l'air, donne un son intense ; mais si l'on fait arriver le vent dans les deux à la fois, le mouvement de l'air est modifié de telle sorte que le courant entre dans l'un des tuyaux pendant qu'il

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