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LE PIANO

011 à appuyer sur une touche, c'est-à-dire à abaisser un bras du levier qui la constitue , l'autre bras se relève : le marteau correspondant est projeté brusquement dans le sens vertical et va choquer la corde correspondante, qui entre alors en vibration sous l'influence de ce choc. Il nous reste à faire voir comment s'effectue ce mouvement du marteau, comment celuici retombe après le choc sans rebondir et sans faire de bruit. La figure 424 va nous faire comprendre tout le mécanisme. Suivons, pour cela, la série des effets que provoque le mouvement d'abaissement de la touche.

F'ifi. i'i'i. — Piaiin. Mt'caiiisiiio des iiiai'leaiix v\ dos louches.

ab est la corde sonore, AOB la touche mobile autour du point 0. En appuyant en B (ou en B'), le bras du levier OA se relève, fait lever un échappement G qui va frapper sur l'extrémité e du manche t du marteau M. Ce dernier, qui se trouvait placé d'abord en M prend alors la position du marteau M', et frappe la corde, qui résonne sous l'influence de la percussion. Mais l'échappement, après avoir élevé le marteau d'une certaine quantité, est lui-môme arrêté par un bouton posé obliquement; il quitte le nez de la noix du marteau, qui retombe à sa position primitive sur un petit chevalet H, qu'on nomme la chaise. Celle-ci empêche le marteau de rebondir et amortit le bruit qu'il pourrait faire.

Ajoutons que les cordes qui forment chaque note et qui sont frappées ensemble quand le doigt appuie sur une touche, continueraient à résonner après le choc, si elles n'étaient munies de petites pièces de bois garnies de feutre EE', nommées étoiiffoirs. Dès que le doigt appuie sur une louche, l'étouffoir E est sou-

levé par l'intermédiaire de la tige /, comme on le voit en El', et la corde vibre; il reste soulevé si le doigt continue de presser la touche; il retombe, au contraire, et éteint la vibration sonore, dès que le doigt quitte la note.

Il reste à dire par (juel mécanisme les pédales permettent tantôt d'accroître, tantôt de diminuer l'intensité du son. L'une d'elles communique, eu effet, par uu levier avec tout le système des élouffoirs ; quand on appuie le pied, une tringle verticale agit sur ce système et tous les étouffoirs se lèvent en même temps ; chaque note est ainsi prolongée et donne un son plus intense ; de plus, elle communique ses propres vibrations à ses harmoniques, de sorte que la sonorité de l'instrument est considérablement augmentée. Au contraire, si c'est sur l'autre pédale qu'agit l'exécutant, un léger mouvement de gauche à droite est communiqué au clavier; chaque marteau ne frappe plus à la fois qu'une ou deux des trois cordes destinées à former le son, dont l'intensité se trouve ainsi diminuée d'un ou de deux tiers.

Le piano ne remonte pas au delà de la seconde moitié du dixhuitième siècle. Il n'est autre que le clavecin perfectionné, instrument originaire d'Italie, d'où il a été importé en France et dans les autres pays d'Europe. Le clavecin avait souvent plusieurs claviers ; mais ce qui le distinguait aussi du piano moderne, c'est le mode par lequel les cordes métalliques entraient en vibration. On vient de voir que dans le piano c'est la percussion d'un marteau qui les fait résonner: dans le clavecin, les touches faisaient mouvoir de petites pièces de bois nommées sdutereaux, qui étaient munies d'une pointe de plume de corbeau. C'est cette pointe qui pinçait les cordes. Aussi les sons du clavecin n'avaient-ils pas le même caractère, le même timbre que ceux du piano; ils étaient plus maigres, plus mordants, moins moelleux, d'une sonorité moins douce et à la fois moins intense. Vépinette était une espèce de petit clavecin, n'ayant qu'une corde pour chaque touche et dès lors un seul rang de sautereaux. C'est la forme primitive du clavecin lui-même.

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