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L'ORGUE

§ 1. PRÉCIS HISTORIQUE. -- I.KS TUYAUX SONORES lOT LES JEUX DE l.'oRGUli.

L'orgue est le plus puissant, le plus grandiose, le plus complet des instruments. C'est ce qu'indique son nom (opYavov, en grec, l'instrument, l'instrument par excellence); mais, à vrai dire, c'est plutôt une réunion d'instruments à vent qu'un instrument particulier. Par la variété de ses timbres, par l'étendue de ses voix, depuis les basses les plus graves jusqu'aux notes les plus aiguës des soprani, il constitue à lui seul tout un orchestre.

La date de l'invention de l'orgue est incertaine. La tradition la faisait remonter au huitième siècle, parce que c'est en 757 que le premier orgue a fait son apparition dans les basiliques chrétiennes de l'Occident. Cet instrument avait été, dit-on, envoyé à Pépin le Bref par l'empereur grec Constantin Copronyme, et il fut installé dans une église de Compiègne. Mais, bien avant cette époque, les Romains se servaient d'un orgue connu sous le nom iVorgue hydraulique, parce que c'était la pression de l'eau qui produisait le mouvement de l'air dans les tuyaux. Ce n'est guère qu'au cinquième siècle que les soufflets furent substitués au procédé primitif, et que les orgues pneumatiques remplacèrent dans les églises les orgues hydrauliques, dont l'humidité, résultant de l'emploi de l'eau, altérait prompternent et détériorait les tuyaux et le mécanisme.

L'orgue est un instrument à vent formé d'une série de tuyaux

de grandeurs, de formes et d'embouchures variées, que le venL d'une soufflerie met en vibration successivement ou simultanément. Nous allons décrire sommairement les diverses parties du mécanisme à l'aide duquel l'organiste obtient les effets musicaux propres à ce merveilleux instrument.

La partie purement instrumentale ou musicale de l'orgue comprend un nombre indéterminé de tuyaux sonores qui se rangent par séries, suivant leurs timbres : chaque série se nommt, un jcM, et les différents tuyaux qui composent un jeu n'ont, comme on voit, de différence que par la hauteur des sons que rend chacun d'eux quand le vent de la soufflerie le fait parler. Un jeu d'orgue est, à proprement dire, l'un des instruments particuliers qui entrent dans la composition du morceau musical à exécuter. Aussi l'organiste fait-il parler plusieurs jeux à la fois, en observant les lois de l'harmonie, au gré de ses propres inspirations ou en suivant celles du compositeur dont il exécute le morceau.

Citons quelques-uns des jeux des orgues tels qu'on les construisait à la fin du siècle dernier, en faisant remarquer que, outre leurs dénominations particulières, on leur en donne encore d'autres basées sur la longueur du plus grand de leurs tuyaux, celui qui donne le son le plus grave. Cette longueur s'exprimait en pieds. Nous trouvons ainsi :

La montre, de 16 ^pieds (on en fait de 8 et de 52), dont les tuyaux sont en étain ;

Le bourdon, de 16 pieds, dont les tuyaux de deux à trois octaves sont en bois et bouchés, tandis que les notes de dessus sont données par des tuyaux en plomb ;

La bombarde, de 16 pieds, en étain ou en bois; c'est un jeu d'anche; les jeux précédents sont à embouchures de flûte;

Le prestant (de 4 pieds) est le premier jeu de l'orgue sur lequel on fait la partition ;

Le nasard, qui sonne luie quinte au-dessus du prestant;

La donblette, qui est l'octave au-dessus du prestant (de 2 pieds, par conséquent);

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