‹ Le monde physiqueChapitre 4 sur 271 · XII INTRODUCTION GENERALE · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION GENERALE

qui nous touche plus intimement : il s'agit en effet de la Terre même, de l'astre qui nous porte, de cette aima parens, notre berceau des temps primitifs et la tombe future de l'humanité tout entière. Parviendrons-nous jamais, avec le flambeau de la science, à jeter quelques lueurs sur les premières origines de ce monde, sur les phases successives par où il a dû passer avant d'être en état de recevoir le premier souffle de vie, le premier germe des êtres organisés ou vivants, la vie progressive, embryon des faunes et des flores que nous voyons s'épanouir aujourd'hui à sa surface, ét dont les couches profondes de l'écorce terrestre contiennent des tracés si'nombreuses ? En reconstituant péniblement, patiemment, avec les rigueurs. et la réserve de la vraie science, les matériaux de cette histoire, l'esprit humain arrivera-t-il jamais à retracer, dans cette longue suite des âges géologiques, les linéaments de l'histoire môme de l'homme, de sa première apparition sur la Terre? C'est là un problème que l'on peut espérer résoudre, mais dont l'étude exigera certainement le concours des progrès simultanés de nos connaissances dans toutes les branches dès sciences' })hysiques et naturelles. Il échappe donc, en son ensemble, à notre programme restreint, mais il est bon 'de donner un aperçu de ce qui, dans la description du Monde physique, se rapporte plus particulièrement à l'histoire de la Terre et, par suite, à notre propre histoire.

Dans les cieux, l'ordre, la régularité, la permanence, semblent être un caractère ])articulier aux |)hénomènes qui s'y passent. Nous ne les observons que de loin, et leur lenie succession ne permet qu'à la longue la constatation des perturbations ou variations qu'ils subissent : les détails nous échap[)ent. C'est tout le contraire quand nous considérons les faits |iliysiques, dont la surlace de la Terre est le théâtre ; la continuelle

INTRODUCTION GÉNÉRALE. xv

Yariété, les changements incessants, offerts par chacun d'eux, se trouvent accrus encore par l'enchevêtrenient inévitable des effets dus à des causes diverses, et par les innombrables détails que la proximité nous oblige à observer à la fois. Cela est vrai surtout pour tout ce qui regarde l'enveloppe gazeuse ou aérienne du globe ; ce l'est encore, mais déjà à un moindre degré, pour la partie liquide ou les mers; le sol seul, avec ses assises à peu près stables, offre un sujet d'études moins mouvant. Tout cela forme le domaine de la science qu'on nomme physique du globe ou météorologie, science bien imparfaite encore, en raison de la complexité des faits qu'elle étudie, des faibles moyens d'observation dont elle a disposé jusqu'ici, et aussi de la période relativement courte écoulée depuis les premières recherches systématiques effectuées dans cet ordre.

C'est encore l'astronomie qui fournit la première base solide (le cette histoire du globe terrestre. La forme de ce globe, ses dimensions, s^a masse et sa densité en forment comme le point de départ. Sans exj)oser en détail les procédés qui ont rendu |)ossibie la détennination de ces données importantes, nous aurons cependant à dire ce qu'on en sait dans l'état actuel de la science. Il sera intéressant de montrer comment, peu à peu, le globe terrestre, de sphérique (pi'on le supposait, a été reconnu aplati aux pôles de sa rotation; comment sa forme, voisine de celle d'un ellipsoïde de révolution, est loin toutefois d'avoir, dans tous les sens, la régularité de ce solide géométrique, ayant des méridiens inégaux, des parallèles plus ou moins éloignés, comme son équateur même, de la forme circulaire.

Viendrait ensuite l'étude de la configuration des masses continentales, des proportions relatives des terres et des océans, du relief des unes et des dépressions ou profondeurs des autres, de la forme et de l'éteiulue des versants des mers et des

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