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XVIII INTRODUCTION GENERALE

internes, soit sous l'action beaucoup plus lente, mais continue, des agents extérieurs, serviront certainement à construire les fondements de la science du passé de notre planète. Combien n'est-il pas intéressant, à cet égard, d'étudier les volcans en activité, d'analyser les liquides et les gaz qu'ils rejettent dans leurs convulsions intermittentes ! Bien des doutes subsistent encore sur les conséquences qu'il faut tirer des phénomènes volcaniques, relativement à la question toujours controversée de l'état physique actuel du noyau terrestre. Est-il en fusion Ignée dans toute sa masse , à partir d'une faible profondeur, comme on l'a soutenu longtemps, et comme beaucoup le pensent encore? Ou bien, le sol, la croûte solidifiée sur laquelle nous nous appuyons a-t-elle, ainsi que le soutiennent depuis quelque temps un certain nombre de savants , astronomes , géologues et physiciens , une épaisseur considérable ? Dans cette dernière hypothèse , il faudrait admettre pour expliquer les laves des volcans — - ces accumulations quelquefois énormes de matière vitrifiée, fondue, incandescente — qu'il existe, çà et là, sur les alignements des volcans, des lacs intérieurs de cette matière : resterait toujours à rendre compte de la chaleur intense capable de maintenir ces lacs en un tel état. Toutes ces questions si intéressantes, mais encore si obscures, sont toujours l'objet des controverses de la science, mais elles ne sont pas seulement du domaine de la géologie. La physique, la chimie, l'astronomie elle-même, et cette partie de la physique qui a été l'objet récent de découvertes importantes, la thermodynamique, devront être mises à contribution pour l'examen de ces problèmes.

Un terrain plus solide est celui où la science se place pour décrire les phénomènes actuels : nous entendons toujours parler des phénomènes purement [physiques cpii oui la Terre

INTRODUCTION GÉNÉRALE. xix entière pour théâtre; leurs . causes sont multiples, et leurs effets se trouvent nécessairement confondus dans la réalité. Mais la Physique a su les séparer, de manière h rendre facile la distinction des phénomènes aussi bien que celle des causes. La pesanteur, la chaleur, la lumière, l'électricité et le magnétisme tbrment ainsi les divisions naturelles de notre sujet ; mais c'est dans le globe terrestre tout entier, à sa surface ou dans son enveloppe aérienne, qu'il y aura lieu d'étudier ces agents ou du moins les phénomènes qu'ils engendrent selon leur distribution naturelle, les variations périodiques ou accidentelles qu'ils subissent, les lois de cette distribution et de ces variations, tout ce qui, en un mot, constitue, comme on l'a dit déjà, la physique terrestre et la météorologie.

En quoi la pesanteur, semble-t-il au premier abord, peutelle intéresser notre curiosité vis-à-vis des questions qui sont relatives à la constitution du globe terrestre? Cette force n'agitelle point d'une façon constante, invariable, uniforme? Sans doute, en un même lieu, il en est ainsi. Mais d'un pointa un autre point plus élevé ou plus bas à la surface de la Terre, d'une latitude à une autre, la gravité varie; son intensité est d'ailleurs inégalement contrebalancée par la force centrifuge due à la rotation de la Terre. D'autre part, la forme même du sphéroïde terrestre est liée à ces variations , et il est intéressant de connaître en vertu de quelle loi la matière dont la Terre est formée s'est agrégée, pour donner des densités inégales aux régions centrales et aux couches du sol, pour accumuler dans le voisinage de l'équateur et à l'équateur même le bourrelet ou renflement constaté par les mesures géodésiques.

Parmi les corps célestes, il en est un certain nombre dont la forme est aussi sphéroïdale; Mars, surtout Jupiter et Saturne, sont aplatis à leurs pôles de rotation. En comparant les formes

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