I. ■Si
V amplitude du jet) , varient avec riiicliiiaison , et que cette amplitude est maximum quand l'angle que fait la ligne de tir avec l'horizon est de 45" ' : c'est, dans la ligure, la distance AP', la direction AC faisant avec l'horizon un angle égal à la moitié d'un angle droit. L'amplitude du jet va d'abord en augmentant, quand l'inclinaison augmente à partir de 0", et cela jusqu'à 45". A partir de là, elle diminue jusqu'à redevenir nulle pour une direction verticale.
Tout cela supjiose, nous le répétons, l'absence de la résistance de l'air. Si l'on tient compte de cet élément, la trajectoire n'a i)lus la même forme : les deux parties AC, CB (fig. 45 J) jie
Fig, 131. — Courbe décrite par un projectile quand on tient compte de la résistance de l'air.
sont plus symétriques relativement au point culminant, et le projectile en tombant se rapproche rapidement de la verticale, ainsi que le montre la figure 131,
Ajoutons enfin que la rotation de la Terre a une influence sur la trajectoire et produit une déviation latérale, de sorte que le projectile s'écarte du plan de la ligne de tir. C'est ainsi qu'un boulet lancé dans une direction horizontale, sans mouvement de giration autour de son axe, éprouve une forte déviation vers la droite, sons l'influence de la force centrifuge composée.
i. L'amplitude est alors précisément égale au double de la luiuleur à laquelle s'élève le projectile quand il est lancé verticalement.
Comme cette influence s'exerce sur tous les corps en mouvement, elle produit des eff'ets sensibles sur les cours d'eau : la masse liquide d'un fleuve presse plus, dans l'hémisphère nord, sur la rive droite que sur la rive gauche; bien que la vitesse soit assez faible, comme l'action dépend de la grandeur de la masse en mouvement, c'est-à-dire du débit du fleuve, dans les grandes crues les résultats sont loin d'être nuls. Cette déviation a lieu à gauche dans l'hémisphère sud. 11 est intéressant de citer les observations positives d'un fait mécanique qui provient du mouvement de rotation de notre globe, et qui témoigne ainsi de la réalité de cette rotation. Nous emprunterons nos exemples à notre éminent géographe, Elisée Reclus.
« On n'a que l'embarras du choix, dit-il dans son bel ouvrage la Terre, pour citer des exemples de fleuves qui modifient graduellement leur cours dans le sens prévu par la théorie. Au sud de l'équateur, ce sont les affluents du gigantesque Rio de la Plata, qui, après avoir nivelé à l'ouest l'étendue des pampas, rongent incessamment leur rive gauche. Dans l'hémisphère du nord, c'est l'Euphrate, qui essaye de se déverser en entier dans le lit de l'Hindiah, à droite de son propre cours; c'est le Gange abandonnant la ville de Gour, au milieu des jungles et se déplaçant de 7 à 8 kilomètres vers l'ouest dans son delta; c'est l'Indus rongeant les collines caillouteuses de sa rive occidentale pour déplacer son delta de plus de 1000 kilomètres à l'ouest; c'est le Nil, laissant son ancien lit dans le désert de Libye pour se porter du côté de la chaîne arabique. De même, en Europe, la Gironde, la Loire, l'Elbe, rongent la base des escarpements de leur rive droite; la Yistule approfondit son embouchure orientale aux dépens de celle de gauche. Dans le cours du Rhin, du Danube et surtout du Volga, des phénomènes analogues dus à la même cause ont été constatés par les géographes. » « C'est dans la Russie d'Europe et d'Asie, dit encore Elisée Reclus, que le déplacement normal des fleuves se prête surtout aux études les plus intéressantes. Là se trouvent en effet réunies toutes les conditions favorables à l'empiétement graduel des eaux sur leur
rive droite : une longueur de cours considérable, de puissantes masses liquides qui peuvent balayer bien des obstacles, d'énormes crues accroissant périodiquement la force d'érosion du courant, des falaises composées d'un sol friable, enfin la forte courbure du globe, cause d'un changement rapide de la vitesse angulaire sous les diverses latitudes \ » Et il cite à l'appui les mouvements de déplacement du lit du Volga à droite de son cours, c'est-à-dire vers l'ouest. En Sibérie les cours d'eau se déplacent dans le même sens beaucoup plus rapidement encore.
Cette loi de déviation s'applique pareillement aux courants marins, et le Gulf-Stream, qui dévie du méridien vers l'est, en est le témoignage le plus frappant. Enfin, on verra plus tard qu'une pareille déviation est la cause de la direction que suivent les vents alizés, tant au nord qu'au sud de l'équateur.
Quand un corps est en repos relatif à la surface de la Terre, il n'en est pas moins soumis à la force centrifuge développée par la rotation commune, et l'on a vu qu'il résulte de là une diminution dans la force de gravité, et par suite dans le poids du corps. Cette diminution est maximum à l'équateur, parce qu'à l'équateur la force centrifuge a sa plus grande valeur. Le calcul montre qu'elle est la 289'' partie de la force d'attraction terrestre. Comme d'ailleurs la force centrifuge croît comme le carré de la vitesse angulaire de rotation, il en résulte avec évidence que, si le mouvement de rotation de la Terre était 17 fois plus rapide, la force centrifuge serait à l'équateur 17 X 17 fois, ou 289 fois plus considérable : elle deviendrait égale à l'attraction
1. La rÎMclion latérale dont il s'agit est une force jiroportionnclle à la niasse en mouvcnienl, à sa vitesse de tianslation et au sinus de la latitude. Tels sont les trois facteurs qui influent sur les phénomènes en question; il ne nous semble pas que la longueur ait et puisse avoir d'influence, sinon, pour les fleuves, en ce que leur débit croit avec la longueur du cours; mais alors c'est la masse des eaux et leur vitesse qui agissent. Enfin, la courbure dont parle Reclus est une expression fausse ou du moins impropre ; la courbure est plus forte aux basses latitudes qu'aux latitudes élevées. C'est l'angle de l'horizon avec l'axe de rotation du globe qui croit de l'équateur aux polos, et rend d'autant plus grande l'action de la force centrifuge composée.
terrestre et la pesanteur des corps y serait nulle. Pour une vitesse encore plus grande, la force centrifuge l'emporterait, et tout corps qui ne serait point lié au sol serait lancé dans l'espace : il quitterait notre globe en décrivant une courbe dont les premiers éléments seraient verticaux. On verra plus loin l'application de cette hypothèse à la détermination de la limite extrême de l'atmosphère terrestre et, par suite, à celle de l'atmosphère d'un corps céleste quelconque.