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DÉCOUVERTES ASTRONOMIQUES DE KOPERNIG

explications des mouvements célestes sur cette idée fausse que les astres ne peuvent décrire d'autre courbe que le cercle, qu'ils considéraient comme la courbe par excellence. De plus, ils admettaient que ce mouvement circulaire était nécessairement uniforme. Ces trois hypothèses fausses, l'immobilité de la Terre, la forme circulaire des orbites et l'uniformité du mouvement dominaient tout leur système astronomique \ Mais, comme la nature ne se pliait point à ces vues à priori, il fallait rendre compte des anomalies que signalait l'observation. Il fallait expliquer pourquoi les planètes paraissent se mouvoir tantôt plus lentement, tantôt plus rapidement, pourquoi, dans leurs révolutions, elles semblent parfois stationnaires ; pourquoi enfin, changeant le sens de leur cours, elles rétrogradent, s'arrêtent de nouveau pour reprendre ensuite leur mouvement

ordinaire. Avec l'hypothèse du mouvement uniforme et circulaire autour de la Terre, cela n'était point aisé. Sans abandonner cependant cette hypothèse, les astronomes étaient parvenus à donner une explication de ces irrégularités. Ils faisaient mouvoir la planète P (fig. 153) sur un cercle dont le centre C se mouvait lui-même autour d'un autre cercle; celui-ci, à son tour, décrivait par son centre C une circonférence nouvelle. C'était le système des épicycles. Grâce à ces suppositions ingé-

Fig. 152. — Mouvement du Soleil autour de la Terre , d'après l'hypothèse d'Hipparque.

1. Pour rendre compte du mouvement apparent du Soleil, l'hypothèse était assez simple. Voici celle qu'adoptait Uipparque. Le Soleil décrivait, autour de la Terre, un cercle de rayon CS, d'un mouvement uniforme, de sorte que, vu du centre C, l'astre aurait eu un mouvement angulaire égal (fig. 152). Mais la Terre est en T; dès lors, pour un observateur terrestre, le mouvement du Soleil semble variable. Hipparque rendait ainsi compte, dans une certaine mesure, des observations ; en supposant la Terre située cxcentriquement par rapport à l'orbite apparente du Soleil (orbite qui a été considérée comme réelle jusqu'à Kopernic), il suppléait à l'absence d'excentricité de la courbe elle-même.

nieuses, mais compliquées, on arrivait à rendre compte, tant bien que mal, des apparences (fig. 155). Mais à mesure que se pei'fectionnaient les moyens d'observation , que de nouvelles inégalités étaient signalées, le système se compliquait, et les cercles s'enchevêtraient de plus en plus les uns dans les autres. Biot caractérise très nettement, en quelques lignes, la façon dont les anciens avaient cru résoudre la question des mouvements des corps célestes, et les difficultés auxquelles les conduisit

la solution adoptée. « Le problème de l'astronomie planétaire, dit-il, consista (pour eux) à faire mouvoir uniformément le Soleil, la Lune et les planètes sur des cei'des divers tellement placés dans le ciel, que les positions successives de ces corps , vues de la Terre, concordassent avec les déplacements angulaires qu'on y observe. Ce fut là le but unique des astronomes grecs. Ils n'avaient pas, comme nous, la nécessité de satisfaire aussi aux conditions qui se tirent des variations de distance , ne possédant pas d'instruments optiques assez subtils pour les conclure de la mesure des diamètres apparents , avec la sûreté indispensable pour pouvoir en faire usage. Faute de cette donnée, leurs systèmes d'orbites ne furent que des lictions mathématiques sans réalité, et ils se virent contraints de les compliquer tellement poui" représenter les détails des apparences observables, qu'ils ne devaient pas avoir d'autre valeur, même à leurs yeux. »

D'un seul coup, Kopernic, en replaçant les clioses dans leur ordre réel, en détruisant ces vaines imaginations, su})prima les difficultés croissantes d'un tel système, au moins les plus importantes. Ainsi le mouvement de la Terre rendit compte des stations et rétrogradations planétaires et des variations appa-

Fig. 155. — Épicycles des anciens.

Muuvenienl d'une planète iiutour de la Terre.

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