‹ Le monde primitif de la SuisseChapitre 116 sur 244 · ITALIE · texte numérisé non relu

ITALIE

pa

fd

Faunes du Mau-

roniont , Soleure et Obergosgen ; schistes à Fucoïdes.

Gypse de Montmartre.

Gisements de Bembndge.

Macigno de Ligurie et de Toscane.

Nummulitcs de

Sables de Beau-

Argile de Bar-

Fonnation num-

Halligstocke.

« champ.

ton.

Nice.

Faunes d'Egor-

Gisements du Ragshoi et de Bracklesham.

Flore d'Alumbay.

kingen. Formation num-

Calcaire grossier

Monte Boira. Gris verts num n ni-

ta

mulitique du C.deSchwyti, etc.

de Paris.

litiquesdeBel-

lune

ta

Argile de Lon-

tires. Sables

Soissons.

de Beading

\\ oolwich et

Tlmnet.

‘îS

La configuration de l'Europe se modifia pendant cette période. Depuis la craie supérieure (cénomanien), la mer européenne diminua sensiblement ; le bassin suisse également (voy. la carte p. 209) se rétrécit peu à peu par les empiétements du Jura sur sa rive septentrionale : cela ressort de l’absence des sous-étages de la craie supérieure dans la chaîne du Jura. Pendant la période éocène, il ne resta le long des Alpes qu’un bras de mer relativement étroit dans lequel se déposèrent les roches nummulitiques et le flysch. Ce bras de mer peut être suivi à travers la Bavière et l’Autriche jusqu’à Vienne. Au sud du continent que nous avons désigné, p. 208, sous le nom d’ile pennino-carnolique, nous rencontrons des dépôts marins éocènes depuis Adria jusqu’au lac Lugano, ainsi que dans une grande partie de l’Italie, qui était alors sous l’eau. La Grèce, au contraire, formait une presqu’île étroite et longue semblable à l’Italie actuelle; elle était en communication par la Dalmatie et la Carinthie avec le pays pennino-carnolique.

FORMATION ÉOCÈNE EN SUISSE

Depuis l’époque crétacée, la mer abandonna plus encore le nord et l’ouest de l’Europe; le continent s’était accru d’autant. Tandis qu’autrefois les environs de Paris se trouvaient au milieu d’un grand océan qui s’étendait sur hi partie moyenne de la France (voy. p. 209 et fig. 98), ces mêmes environs devinrent une côte comme nous en avons la preuve par le mélange des animaux marins et terrestres qui se trouvent renfermés en si grand nombre dans les roches éocènes de ces localités; la même chose eut lieu pour l’ile de Wiglit. Or, comme les formations d’eau douce alternent ici avec les formations marines, de la même manière que dans le bassin de Paris, on i>eut en conclure que le niveau de la mer subit de nombreuses variations.

L’Europe se présente donc à nous, déjà pendant l'époque éocène, comme un grand continent parcouru par plusieurs bras de mer et offrant des conditions favorables au développement d'une abondante végétation et d’une faune très-riche. Ce développement, qui ne se fit pas attendre, nous laisse entrevoir un climat presque tropical.

Les forêts toujours vertes, avec leurs Figuiers et leurs Savonniers, leurs Myrtes et leurs Palmiers, cadrent bien avec les nombreux Palæotherium, les Cerfs musqués et les Singes qui y demeuraient. — Les animaux marins, les Poissons de Matt, ainsi que les Mollusques des roches nummulitiques révèlent aussi un climat chaud; le flysch seul par sa pauvreté absolue fait un contraste frappant et inexpliqué avec les autres productions de cet «âge géologique.

Au point de vue de l’utilité pratique, nous avons remarqué les importants produits de cette époque, les ardoisières de Matt et le bohnerz dont l’exploitation occupe beaucoup de mains. Les charbons au contraire ont peu d’importance ; mais les grès foncés sont largement mis à contribution comme pierres à construire.— Le sol du flysch est fertile parce que cette roche se délite et se désagrégé facilement ; peut-être aussi parce qu’elle renferme des traces d’acide phosphorique. Le terrain du bohnerz, au contraire, est impropre à la culture ; les arbres mêmes n’y peuvent réussir.

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