PROPORTIONS NUMERIQUES DES GRANDES DIVISIONS DU RÈGNE VÉGÉTAL
En considérant les groupes principaux du règne végétal, on voit bientôt que dans la flore miocène, ils se présentent dans une relation toute différente que pendant les époques antérieures. Dans la flore houillère nous avons vu dominer les Cryptogames vasculaires ; ils avaient des formes singulières, étranges même, qui disparurent avec cette période. Cependant les Cryptogames qui présentaient une grande variété de formes souvent renouvelées continuèrent à jouer un rôle important pendant toute la durée de ces temps primitifs. Ensuite apparurent les Conifères et les Cycadées (Gymnospermes) ; ils prirent largement possession du sol pendant les époques triasique et jurassique. Nous avons montré que pendant la formation crétacée supérieure les arbres à feuillage survinrent et avec eux les Dicotylédones, et que pendant l’époque éocène ils étaient déjà
LA FLORE DE LA MOLLASSE
représentés par un grand nombre de familles. Dans notre flore miocène les Cryptogames vasculaires fournissent 50 espèces, et les Gymnospermes 25 espèces, ce qui, proportionnellement à l'ensemble des espèces, est beaucoup inférieur au nombre de ces végétaux pendant les époques antetertiaires. mais relativement bien supérieur à notre flore actuelle. Cette dernière possède 55 espèces de Cryptogames vasculaires et 1 1 Gymnospermes ; les premières forment environ et les dernières au plus de toute notre flore vasculaire, tandis que dans la flore miocène la proportion est Vu pour les premiers et environ '/ 3S pour les derniers. La grande influence des végétaux Cryptogames et surtout des Fougères et des Gymnospermes pendant les premiers âges de la terre, s’exercait encore d’une manière remarquable dans la flore mollassique; ainsi s’explique leur persistance dans cette flore.
Les Phanérogames se divisent en trois classes naturelles principales : les Gymnospermes, les Mouocotvlédones et les Dicotylédones ; cette dernière se subdivise à son tour en trois sous-classes : les Apétales, les Gamopétales et les Polvpétales.
Notre flore miocène fournit 25 espèces de Gymnospermes, 11!) Monocotylédones et 597 Dicotylédones dont : 189 Apétales, 84 Gamopétales et 319 Polypétales *. Dans la flore actuelle de l’Allemagne et de la Suisse nous trouvons 185 Apétales, 1010 Gamopétales et 1108 Polypétales. Voici à peu près la proportion des divisions : 1 : 5 '/, : G */,, tandis que dans notre flore miocène c’est 12:5 '/» : 20 ou à peu près 2 '/, : 1 : 4. Nous voyons que dans cette dernière les Polypétales renferment quatre fois plus d’espèces que les Gamopétales, et que les Apétales sont plus riches du double, tandis que dans la flore actuelle des mêmes localités les Gamopétales ainsi que les Polypétales ont cinq fois plus d’espèces que les Apétales.
* Le nombre des Phanérogames que j'ai décrites dans una Flore tertiaire de la Suisse se monte à 806 espèces; sur ce nombre. 70 sont très-imparfaitement connues et douteuses ; dans ce qui précède et ce qui suit, je les ai laissées de cété. En les retranchant, nous n'avons plus que 736 Phanérogames, et en tout 8.*»0 espèces.