FOUGÈRES
Les deux familles des Schizaées et des Ilymenophyllées manquent dans notre flore suisse, et les Polypodiacées, qui possèdent, ainsi qu’autrefois, le plus grand nombre d’espèces, présentaient alors pour la plupart des formes d’un cachet spécial. Les Schizaées nous fournissent le remarquable genre Lygodium avec 5 espèces; ce sont des Fougères grimpantes à feuilles palmées ou pennatifides qui portent leurs fruits sur leur bord frangé. Aujourd’hui elles vivent surtout à Java, mais on en trouve une
au Japon et une dans l’Amérique du Nord. — Nos espèces miocènes sont
proches parentes de celles de Java, et se rencontrent surtout à la Paudèze (près Lausanne), où une espèce, le Lygodium Gaudini Hr., fut trouvée avec feuilles et fruits. Elle est figurée avec le L. Laharpii au feuillage fin, dans le coin droit de la planche qui représente Lausanne à l’époque miocène.
Parmi les Polypodiacées, nous remarquons les Pteris œningensis A. Br., qui est très-voisin de notre Pt. aquilina ; l’Aspidium Filix antiqua A. Br., proche parent de l’Asp. Filix mas. et l’Asp. Escheri Hr., qui se rapproche de l’Asp, thelypteris Sw. actuel; trois autres Pteris, au contraire, n’ont de ressemblance qu’avec des formes méridionales.
La Woodwardia Rœssneriana Ung. sp. était une superbe Fougère à grandes feuilles pennatifides, dont les pinnules, également pennatifides, avaient un demi-pied de longueur. Les sores allongés étaient placés sur deux rangs dans un champ particulier, le long de la côte centrale du lobe des pinnules. A. Eriz, cette espèce était commune ; on l’a recueillie égar lement à Monod et à Rothenthurm. Elle est si semblable à laW. radicans W. qu’elle peut être considérée comme l’aïeule de cette espèce, qui habite le midi de l’Europe et les Canaries ; de même que celle-ci étale son feuillage élégant dans les forêts de Madère, de Ténériffe, de l’Espagne et du sud de l’Italie ; de même aussi la W. Rœssneriana ornait les forêts primitives de notre Suisse. La Lastræa stiriacaUng. sp., autre grande espèce, était encore plus commune; elle était la plus répandue dans la flore miocène de l’Europe. Son tronc était probablement ligneux, court et garni à son sommet d’une couronne de feuilles (voir fig. 164, 5).
LA FLORE DE LA MOLLASSE
Celles-ci, de 3 pieds de long et de 1 pied de large environ, étaient divisées en longues pinnes étroites et parcourues par des faisceaux de nervures portant les sores. — La Lastræa proliféra Kaulf. sp., qui vit actuellement dans l’Amérique tropicale, est sa plus proche parente. Notre flore miocène possédait encore plusieurs formes très-semblables, ainsi la Lastræa polypodioides Ett. sp. (de Rivaz) et la L. helvetica Ë(r. (Rivaz et Hohe-Rhonen), qui étaient ornées de belles frondes et avaient aussi une parenté très-rapprochée avec cette espèce américaine (L. proliféra). Dix-sept Fougèrés miocènes ont un cachet tropical ; sur ce nombre, 8 ont de l’analogie avec des espèces de Madère et des Canaries, et 9 avec des espèces européennes.
La famille des Osmundacées n’est représentée que par une espèce dans notre flore miocène : Osmunda Heerii Gaud. (de Rivaz), très-voisine de la seule espèce européenne (O. regalis) et de l’O. spectabilis W., qui vit dans l’Amérique septentrionale.
Les Rhizocarpées forment un ordre très-remarquable de plantes aquatiques marécageuses; elles sont représentées dans notre flore miocène par deux genres : une petite Pillularia et deux Salvinia. Ces dernières ont sans aucun doute vécu dans l’eau ; j’ai trouvé la Salvinia formosa Hr. dans les marnes de la Schrotzburg, où elle n’est pas rare. Elle a des feuilles ovales avec un réseau de nervures fines et en treillis. Elle est beaucoup plus grosse que la seule espèce européenne, S. natans L., et rappelle la Salvinia hispida Kth. de l’Amérique tropicale.
Les Cycadées, de la sous-classe des Gymnospermes, s’étaient éteints, sauf dAx espèces représentées seulement par des morceaux de tronc et des restes de feuilles qui ne permettent pas de les déterminer avec certitude.
Les Conifères sont beaucoup plus nombreux et donnent des espèces appartenant à 4 familles et 9 genres. Les Gnetacées ne nous ont fourni qu’une espèce : Ephedrites Sotzkianus Ung., qui ressemble aux Éphèdres de la zone méditerranéenne; elle formait de petits buissons à rameaux nus, articulés et striés. Nous n’avons retrouvé également qu’une espèce