‹ Le monde primitif de la SuisseChapitre 141 sur 244 · PEUPLIERS · texte numérisé non relu

PEUPLIERS

Populus Heliadum Ung. ; mais les autres groupes étaient largement pourvus. Aux Peupliers noirs appartient le Populus latior A. Br., qui est très-semblable au P. monilifera Aitl et à l'angulata Ait., américains tous deux. Le P. latior était très-commun à Oeningen et a été trouvé également àlaSchrotzburg, dans la mollasse du canton de Thurgovie, ainsi qu’à Kirchberg dans le Toggenbourg, au Ruppcn et dans le calcaire du Locle. Nous possédons de cet arbre de beaux rameaux feuillés, des bourgeons, des fleurs et des fruits ; ses feuilles longuement pétiolées et dentelées atteignaient parfois une dimension très-remarquable. Le Populus melanaria Hr. (de Wangen et Lausanne) ressemble par la forme des feuilles à notre Peuplier noir. Le Populus balsamoides Gp., très-répandu dans notre mollasse, est proche parent du Peuplier Baume d’Amérique. Ses grandes feuilles en forme de cœur ou elliptiques avec leurs dents en scie se trouvent en abondance dans les grès de Lausanne, de l’Albis et d’Irchel. Il formait sans doute comme les Peupliers Baumes de grands arbres d’un beau feuillage. La 4""' division (Peupliers à feuilles coriaces) forme un groupe oriental ; c’étaient de hauts buissons toujours verts, à feuilles coriaces. — Sur le même rameau les feuilles inférieures sont dentées, tandis que les supérieures sont plus allongées et ont le bord entier (fig. 160). Nous en trouvons une espèce (le P. mutabïlis llr.) seulement dans notre mollasse d’eau douce supérieure ; en revanche, l’autre espèce, qui en est voisine, le P. Gaudini Fisch., se rencontre dans la mollasse inférieure de Lausanne.

Le premier est un des végétaux les plus communs d’Ocningen ; nous en avons des fleurs, des fruits et de beaux rameaux couverts de feuilles. J’ai une plaquette de 1 pied de haut et de 1 l/j P- de large, sur laquelle s’étale une branche avec ses rameaux feuillés ; elle est en aussi bon état que si elle avait été préparée pour être conservée dans l’herbier de cette primitive époque. — Ce Peuplier est tellement voisin du P. euphratica 01. (dont le P. diversifolia Schr. n’est qu’une variété), qu’il peut être considéré sans hésitation comme son aïeul. Les seules différences consistent en ce que l’espèce actuelle n’a pas les feuilles aussi grandes, que ses

LA FLORE LE LA MOLLASSE

Fig. 169. Fig. 167. Fig. 166.

Fig. 166. Populus mutabilis Hr. ' . gr. rat. d'Oeningen. — Fig. 167. Planera Ungeri Ktt., nunena avec fruit, d'Oeningen. — Fig. 168. Ulmus Braunil jllr., d’Oeningen, a. feuille, h. fruit. — Fig. 169, Myrica œningensis A. Br. sp,

fruits sont plus gros et que le rachis de ses épis est plus grêle. Ces caractères suffiraient-ils à en faire une espèce?

Le Peuplier de l’Euphrate croit près des fleuves de la Mésopotamie, dans le Kurdistan, dans le Songorei et dans le Cliiva ainsi que sur les bords du Jourdain près de Jéricho, et forme des buissons d’environ 8 pieds de haut.

Le vaste ordre des Amentacées est représenté dans notre flore tertiaire par 90 espèces et 7 familles. Les Cupulifères y occupent le premier rang. Tous les genres de la flore européenne, à l’exception des Hêtres, y sont représentés; nous y retrouvons les Charmes, les Ostrya, les Noisetiers et les Chênes. — Les trois premiers de ces genres sont rares, quoique le Carpinus grandis Ung. et le Corylus Mac Quarrii Ed. Forb. sp. (C. grossedentata iïr.) aient été très-répandus dans une grande partie des pays tertiaires connus. Le genre Quercus est fort riche en espè-

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