CHÊNES
ces; cependant leurs feuilles ne se trouvent nulle part en grand nombre. Sur les 35 espèces que j’ai décrites, les types indigènes actuels manquent presque complètement ; ce sont, à peu d’exceptions près, des Chênes à feuilles coriaces, en partie à bord entier, en partie dentelées et même munies de dents transformées en épines comme on en rencontre en Amérique et dans les régions méditerranéennes. — Des vingt espèces qu’on peut comparer à des espèces vivantes, treize se distinguent comme formes américaines, cinq comme méditerranéennes et deux comme analogues à celles de la Perse. — Les premières sont les plus riches en formes et en même temps les plus répandues.
Parmi ces espèces nous en avons à feuilles longues, lancéolées et à bord entier, ainsi le Quercus neriifolia A. Br. semblable au Q. phellos L.; d’autres à feuilles fortement dentées: Q furcinervis Rossm. sp., Q. lonchitis Ung. et le Q. Dryineia Ung. — Le Q. furcinervis était très-répandu et rappelle les formes mexicaines des Q. Sartorii Liebm. et Q. lancifolia Schl.; d’autres encore dont les feuilles étaient divisées en grands lobes obtus: Q. Bucliii Web., et en lobes pointus : Q. cruciata A. Br., comme chez le Q. falcata Mich.
Les formes méditerranéennes : Q. sclerophvllina Hr., le Q. meditcrranea Ung. et Hagenbachi Hr. ont des feuilles raides, coriaces et à dents aiguës comme les Q. coccifera L., Q. pseudococcifera Desf. et Q. fruticosa Brot.
Les forêts de Chênes de notre pays miocène devaient avoir un tout autre aspect que celles que nous voyons d’ordinaire dans nos contrées ; les Aunes et les Bouleaux au contraire croissaient au bord des baies et des courants d’eau sous des formes semblables à celles d’aujourd’hui, quoique nous ne puissions point constater de liens de parenté entre les 9 espèces du pays miocène et les nôtres. L’Alnus gracilis Ung. à petites feuilles est le plus commun, tandis que l’A. Kefersteini Gœp. sp., rare chez nous, est très-répandu en Allemagne. lise rencontre aussi en Italie (Toscane) et s’avance jusqu’en Islande, au Kamtchatka et à Alaska. Un Bouleau, le Betula Dryadum Br., avait également une aire
LA FLOUE DE LA MOLLASSE
considérable, mais on ne le trouve chez nous que dans la mollasse supérieure, tandis que le B. Brongniarti Ett. ne se rencontre que dans l'inférieure.
La famille des Ulmacées n’est représentée dans l’Europe centrale actuelle que par le genre Ulmus; mais pendant l'époque miocène il était accompagné des Planera qui vivent encore dans le sud du Caucase, en Crète et dans le nord de l’Amérique. L’espèce fossile Planera Ungeri Ett. (fig. 167) ressemble à l’espèce caucasienne, PI. RichardiMich.; à leurs feuilles on peut à peine les distinguer; il n’en est pas de même de Ieui-s fruits, car ceux de la première sont plus jwtits et plus arrondis. Cet arbre se rencontre dans tous les étages de notre mollasse ; il a sans doute vécu en bouquets dans les bas-fonds humides et au bord des fleuves comme son congénère actuel des montagnes du Caucase. 11 était très-répandu, car ses limites méridionales connues commencent à l’Italie centrale (Sinigaglia), tandis qu’au nord il s’étend jusqu’au Groenland ; sa limite orientale est à Tokay en Hongrie, et l’occidentale dans le canton de Vaud.
Les Ormes proprement dits sont beaucoup plus rares à l’état fossile;
on rencontre l’Ulmus minuta Gp. qui se distingue par ses petites feuilles
élégantes ; il est voisin de l’espèce asiatique Ulmus parvifolia Jacq. ;
l’U. Braunii, au contraire (fig. 168), se rapproche par ses fleurs et ses fruits de l’U. ciliata Ehrb. ; on ne les rencontre que dans la mollasse supérieure (Oeningen, Schrotzburg, Locle).
Les nombreuses Myricées (23 espèces) formaient, paratt-il, dans les marais et les tourbières, d’épais taillis, en partie toujours verts.
La jolie Myrica œningensis A. Br. sp. (fig. 169), à feuilles profondément entaillées, ressemble beaucoup à la M. asplenifolia Br., petit arbrisseau américain à feuilles élégantes et semblables à des frondes de Fougère. La M. Studeri Hr. rappelle la ALcerifera L. (le Cirier), des fruits de laquelle on extrait une cire odoriférante; la M. deperdita Ung. est voisine de la Myrica de Pensylvanie, tandis que le M. Ungeri Hr. et M. Grœffii Hr., à feuilles coriaces et lobées, se rapprochent beaucoup de la M. serrata Lam. du Cap.