I. OnniOPTÉHES
Les Blattes dont nous avons déjà fait mention (p. 101) apparaissent aussi à Oeningen (fig. 229) avec deux espèces (Blatta) et nous montrent que ce type d’insectes ne manquait pas non plus à l’époque tertiaire. — Les Orthoptères les plus abondants à Oeningen sont les Sauterelles, qui fournissent 13 espèces de 4 familles : Mantides, Acridiens, Locustides et Gry llides. Le Decticus speciosus Ilr. (fig. 222) de la famille des Locustides se reconnaît à ses ailes supérieures tachetées de blanc ; il est voisin d’une espèce de l’Europe méridionale, D. albifrons F. ; c’était la Sauterelle la plus commune d’Oeningen. Jusqu’ici on n’en a pas trouvé d’exemplaire complet, mais seulement de nombreuses ailes et des pattes postérieures.
Les Acridiens sont représentés, comme dans notre faune actuelle, par
Fig. 2 23. Fig. 233. Fig. 227, Fig. 226. Fig. 221.
Fig. 222. Fig. 232. Fig. 231. Fig. 229. Fig. 230.
Fig. 222. Decticus speciosus tir. — Fig. 223. Oedipoda Haidingeri Hr. de Rndoboj. — Fig. 22 t. Oedipoda Fischeri Hr. — Fig. 225. Gryllua troglodytes Hr. gross 2 fois. — Fig. 226. Forficula recta Hr. — Fig. 227. Forficula primigenia Hr. — Fig. 228. Tetrix gracilis Hr. — Fig. 229. Blatta colorata Hr. — Fig. 230. Termes Hartungi Ilr. — Fig. 231. Libellule Doris Hr. — Fig. 232. Libellule Calypso Hr. — Fig. 234. Thrips annosa Hr. gross. 3 fois.
LA FAUNE MOLLASSIQUE.
les trois genres: Oedipoda, Gomphocerus et Tetrix, qui nous sont parvenus aussi bien à l’état parfait par des exemplaires bien conservés, que sous forme de larves sans ailes. L’Oedipoda Germari Hr. a la grosseur et la forme de l’Oedipoda migratoria (Acridium migratorium) ; ses ailes antérieures sont tachetées, mais elle est fortement comprimée, c’est pourquoi j’ai préféré figurer (fig. 223) une autre espèce deltadoboj qui en est voisine, l’Oedipoda Haidingeri Hr. ; c’est la Sauterelle du monde primitif la mieux conservée. L’Oedipoda Fischeri Hr. (fig. 224) d’Oeningen est beaucoup plus petite.
Parmi les Gryllides nous trouvons une Courtillière longue et étroite : Gryllotalpa stricta Hr. et le Gryllus troglodytes Hr. (fig. 225), remarquablement plus petit ot tel qu’on n’en rencontre plus maintenant en Europe ; mais les Forficules ressemblent à nos espèces vivantes qui ont une aire très-étendue. Le Forficula recta Hr. (fig. 226) peut être comparé au F. annulipes Luc. et un autre, le F. priinigenia Hr. (fig. 227), dont on n’a retrouvé que les pinces, ressemble à notre Perce-oreille commun qui est aussi fréquent à Madère que chez nous. Un troisième, F. minuta Hr. est l’analogue du F. ininor L. qu’on voit souvent voltiger le soir en été.
Les Physopodes jouent un rôle important dans l’économie de la nature, car les uns vivent par légions sur les fleurs et aident à la fructification par le transport du pollen, tandis que d’autres, par millions, attaquent les feuilles et les dévorent. Ces derniers, connus sous le nom d'Araignées rouges, sont très-redoutés quoiqu’ils soient fort petits. Malgré leur extrême délicatesse, Oeningen nous en a transmis deux espèces fort bien conservées : Thrips œningensis et l’h. annosa Hr. (fig. 233). Nous voyons ainsi qu’à cette époque déjà les plantes étaient attaquées par ces petits Physopodes.