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SAINT-GALL

Les environs de Saint-Gall, pendant la formation de l’étage helvétien, nous offrent un tout autre aspect ; mais pour nous en faire une idée exacte, nous devons enlever par la pensée toutes les collines et les montagnes qui entourent maintenant cette ville de leurs sites riants, et dont les matériaux ont été apportés pendant l’époque miocène.

Le pays entre Saint-Gall et les montagnes crétacées d’Appenzell est formé de la mollasse d’eau douce inférieure ; il était couvert de végétation dont nous retrouvons les traces dans le grès de Teufen et de Ruppen (25 espèces). Avec les 40 espèces qu’a fournies la mollasse inférieure des environs nous obtenons une petite flore qui nous donne une idée de la végétation de ces localités.

Les arbres à feuillage persistant, tels que les Camphriers et les Lau-

SAINT-OALL.

riers, s’y rencontrent ainsi que les Noyers, les Peupliers, les Robinia et les Acacias à feuilles finement découpées. — Plusieurs espèces de Cypéracées et un Typha (Massetta) nous signalent un sol marécageux. Cette flore a probablement persisté au sud de Saint-Gall pendant toute la formation mollassique ; mais elle fut envahie aux environs de la ville, pendant l’époque helvétienne, par les eaux de la mer. Nous retrouvons là les traces de la côte marine de cette époque. La carrière qui existe dans le voisinage de la ville nous permet de reconnaître l’emplacement où un ruisseau venant du sud se jetait dans la mer. Ses bords étaient couverts de Roseaux et de Typha dont les restes sont enfouis dans la marne. Nous y rencontrons aussi les feuilles trilobées de l’Acer trilobatum, celles d’une espèce de Myrtille, d’un Ilex et de quelques Cornouillers et Nerpruns qui vivaient près de là; les Banksia helvetica et Deikii, les Chênes: Quercus sclerophyllina et elœna, dont on retrouve aussi des restes, vivaient au loin dans des localités plus sèches. — Si nous accompagnons le ruisseau jusqu’à l’endroit où il se jetait dans la mer, nous observons un dépôt d’eau saumâtre reconnaissable à la nature molle de la pierre et à sa couleur bleuâtre. Cette couche a une épaisseur de 15 pieds environ et a dû être formée d’un limon très-fin. — A côté de feuilles diverses et de quelques Univalves terrestres tels que les Hélix etl’Auricula oblonga qui furent entraînés dans la mer et enfouis dans son limon, on rencontre des milliers d’animaux des eaux saumâtres : la Paludina ou Bythinia acuta ; dans les parties supérieures, de nombreux Cardium (C. hispidum), des groupes entiers de Chamaeées (Chaîna gryphina Lam.) et' de Diplodonta (D. rotundata); enfin, çà et là quelques Ostrea (O. crassissima). Au-dessous de cette couche de formation saumâtre, il s’en trouve une qui renferme des Vénus et des Lutraria qui sans doute avaient creusé leurs demeures dans la vase ; plus bas encore, on trouve des Turritelles et des Pandores. D’autre part, la marne molle de formation saumâtre est recouverte par une couche de cailloux roulés de 1 ’/a pied d’épaisseur renfermant de nombreux représentants de la faune marine qui se sont fixés entre et sur les cailloux. On distingue des Serpules,

de petits Coraux et de nombreux Tubulibranches (V ermetus intortus) ; l’intérieur même des pierres calcaires nous donne plusieurs Mollusques perforants tels que des Gastrocliæna, des Saxicava, des Sphenies et des Pholades qui y avaient creusé leurs habitations; d’autres encore trouvaient un abri dans les canaux et les trous des précédents; tels étaient les Pétricoles, les Gastranes, les jeunes Limes et les Mactres que nous rencontrons maintenant dans l’intérieur de ces pierres. Parmi ces derniers, on voit des colonies entières de Turbo (T. muricatus), de Muricines (Murex trunculus et vaginatus), plusieurs Pleurotoma, Fusus et Buccinum, et on y rencontre aussi la brillante Cypræa sanguinolent a, de curieux Xenophores (X. Deshayesi), de belles Ancillaria, des Colombelles, des Mitra, des Oniscia et des espèces de Cassis; on trouvera facilement ces derniers en les cherchant avec soin dans cette roche très-friable. Les Venerina (Venus multilamella, Cytherea crassissima et Lucinopsis Lajonkairei), les Pholadomya (Pli. arculata), les Dosinia (1). Adansoni), ainsi que les Diplodontes trouvaient dans ce terrain d’excellentes conditions de développement.

Une faune aussi riche n’aurait pas pu se développer si l’agitation des vagues avait constamment remué les pierres entraînées à la mer par les courants. Il y eut donc ici une baie tranquille qui avait servi précédemment d’embouchure à un ruisseau ; celui-ci ayant probablement rempli dans la suite son lit de cailloux roulés et de débris, prit alors une autre direction, car la formation saumâtre se perd dans les couches de cailloux. Cette formation reproduit la vie animale telle qu’on la retrouve dans la zone riveraine.

A six minutes à peine de la carrière, du côté de l’est (près du Tivoli), la formation saumâtre cesse; on ne la rencontre plus à la Steinach, à ’/, d’heure de la ville à l’ouest. Elle a donc eu fort peu d’étendue, et on peut en conclure que le ruisseau qui en cet endroit se jetait dans la mer était peu important ; il ne laisse à son embouchure qu’un petit delta qui est représenté maintenant par la manie de la carrière.

Dans les roches de grès qui sont exploitées dans les gorges profondes

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