SAINT-GALL
de la Sitter, près de la Kràtzernbrücke, à Stocken et à Kobelmülile, ainsi que près de la Martinsbrücke et dans le sauvage ravin de la Goldach, nous avons, il est vrai, entre deux bancs marins une faible couche de formation d’eau douce, mais les gisements voisins ne se présentent pas dans les mêmes conditions que ceux de la carrière ; ils nous prouvent que, même à cette faible distance les uns des autres, les dépôts se sont formés dans des circonstances différentes. Sur les bords de la Sitter, nous trouvons de nombreuses alternances de nagelfluh, de grès et de bancs do manie qui nous disent que le transport des matériaux dont ces roches sont composées fut soumis à de fréquents changements qui concordent avec les diverses modifications de la vie animale.
D’après K. Mayer, le gisement inférieur renferme de grosses Huîtres et des Conoïdes, puis des couches avec des Vénus et des espèces de Tapes, et plus haut une manie bleue pleine de Turritelles. — Là cependant la formation saumâtre manque, et avec elle la couche supérieure de cailloux roulés si riche en animaux et qui caractérise la carrière. Toujours est-il que les environs de Saiut-Gall nous offrent partout des organismes marins avec leur cachet particulier, et l’alternance entre la mer et la terre ferme. On peut observer le même phénomène dans la mollasse marine de Lucerne ou de Bach. — Sur les grandes plaques de grès de Bach, il n’est pas rare de remarquer des traces qu’y ont laissées les vagues. On peut voir dans ces carrières des dalles dont la surface est tantôt comme balayée dans un sens déterminé, tantôt parcourue par de longues lignes ondulées qui s’entrelacent ; dans l’intervalle de ces lignes, des débris de charbon et des détritus végétaux ont été rassemblés tels qu’on les observe sur la vase sablonneuse des grèves. Souvent aussi on remarque soit des empreintes rondes qu’on a attribuées à des gouttes de pluie, soit de longs sillons qui rappellent les traînées d’animaux marins.
Le grès de Bach renferme dans quelques endroits de nombreux corps cylindriques qui sont probablement les demeures comblées de certains Mollusques, et des pierres vermiculaires qui peuvent provenir de Vers marins.
Nous avons donc partout devant nous une côte marine dans le sable de laquelle les animaux ont été enfouis soit par eux-mêmes, soit par le mouvement des vagues ; c’est ainsi que leurs débris sont parvenus jusqu’à nous.