‹ Le monde primitif de la SuisseChapitre 185 sur 244 · LOCLE · texte numérisé non relu

LOCLE

Les calcaires blancs d’eau douce du Locle nous offrent une des pages les plus récentes de la flore miocène; ils proviennent d’une époque pendant laquelle la mer s’était retirée de ces régions. Ils furent formés à

l’époque œningienne, au fond du lac qui couvrait alors ces localités ; nous acquérons la preuve de sa présence par l’existence d’innombrables petits Crustacés, Cypris faba (fig. 205) d’Anodontes (A. Heerii May.), de Coléoptères aquatiques (Dytiscus Nicoleti),de Potamogéton et de Cliara; d’autre part, les feuilles de Typha et de Roseaux nous indiquent que le littoral était marécageux. Le Sabal Ziegleri et une grande Prêle croissaient probablement aussi sur ces rives humides.

La flore de cette localité devait être très-riche en formes diverses, car le calcaire renferme les restes de 140 espèces, dont 104 arbres et arbustes. — L’arbre le plus abondant est le Laurus princeps ; il est donc probable que la contrée était ornée d’une forêt de Lauriers. Il y avait aussi en abondance l’Andromeda protogæa et un Érable à petites feuilles, l’Acer decipiens. — Les Ambriers, les Peupliers et les Saules dont on retrouve 10 espèces, croissaient probablement sur les bords d’une rivière, tandis que les Protéacées à feuilles étroites, les Chênes verts et de nombreuses Légumineuses couvraient de préférence les endroits élevés et secs. Une des particularités de cette flore est la grande abondance des Protéacées et des Salsepareilles ; ces dernières, sans doute sous la forme de plantes grimpantes et épineuses, montaient sur les arbres et les buissons et les enguirlandaient de leurs feuilles en forme de cœur.

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