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LA MOLLASSE DU CANTON DE ZURICH

AI.BIS. HORGEN. ELGG. VELTIIEIM. IHCIIEL.

Dans l'ouest de la Suisse nous ne connaissons de flore de l’époque œningienne que celle du Locle, et un certain nombre d’arbres (principalement des Peupliers et des Saules) qui bordaient probablement le ruisseau venant des Vosges et coulant au travers de la vallée de Delsberg. Les cantons de Yaud, de Fribourg et de Ilerne, après que la mer helvétiennc se fut retirée de notre pays, paraissent avoir été à sec et ne présentent pas de traces de lacs dans la bouc desquels les débris de la flore du pays auraient pu venir s’enfouir. Pendant ce temps, l’est de la Suisse était immergé. Ici, comme pendant l’époque miocène inférieure, un grand lac d’eau douce recouvrait les cantons de Zurich et de Thurgovic; il reçut des cailloux roulés et des masses de sable qui formèrent notre mollasse d’eau douce supérieure. Nous en avons déjà parlé plus haut (page 349), et nous avons vu que les dépôts de lignite et les restes de plantes qu’elle renferme en plusieurs endroits prouvent que sur quelques points ce lac s’était transformé en tourbières et en marécages.

Nous avons reçu d’Albis, d’Irchel, de Stettfurt, de Ilerlingen et du Stcckborn une grande quantité de feuilles appartenant à GO espèces de plantes. Les arbres les plus communs et le plus généralement répandus sont les Peupliers (Populus latior, P. balsamoides et P. mutabilis), les Camphriers (Cinnamomum polymorphum) et de beaux Podogonium ; on rencontrait aussi des Ambriers, des Lauriers, des Aunes, des Erables, des Cornouillers et des Nerpruns.

A Kapfnach nous sommes en présence d’un marais bourbeux. Le stinkkalkd'un brun jaune, rempli de débris de coquilles et de schistes marneux forme un lit aux couches de charbon et joue le rôle de blanc-fond. — Les schistes nçirs qui traversent par places le charbon sont les dépôts vaseux de l’eau qui de temps à autre a envahi le marais. — Ou ne trouve

que quelques restes clair-semés de Roseaux, et çà et là quelques troncs de Palmiers comprimés et carbonisés appartenant probablement au Sabal (page 387). L’absence complète d’arbres feuillus semblerait indiquer qu’aux environs il n’y avait pas d’essences forestières. Eu revanche, on trouve de nombreux Mammifères qui ont perdu la vie dans ces marais comme le prouvent leurs os et leurs dents ; nous en avons parlé précédemment.

On observe les mêmes faits à Elgg (2 lieues est de Winterthour). Ici encore nous rencontrons dans le lignite des dents et des os de Mammifères : la marne bleue qui les recouvre renferme beaucoup de feuilles pressées les unes sur les autres. — Le marais tourbeux a été probablement envahi par les eaux en automne, et les dépouilles de la forêt ont été enfermées dans la vase; la formation de ces dépôts a pu par conséquent n’exiger qu’un temps relativement assez court. La plupart des feuilles appartenaient à un Figuier : le Ficus tilûefolia; on retrouve également de nombreux rameaux du Glyptostrobus europæus; on rencontre plus rarement les restes d’un Erable à gros fruits : Acer otopterix et ceux de quelques Fougères.

A Herdern et à Oeningen on trouve aussi le Figuier qui parait avoir été répandu dans toutes ces localités.

Le Singe dont nous avons parlé précédemment vivait dans les forêts de cet arbre ; elles donnaient également asile au grand Mastodonte, aux Rhinocéros, à quelques espèces spéciales de Tores et de Cerfs, ainsi qu’à l’Anchiterium, sorte de Cheval. — Sur les bords du lac, le petit Castor (Chalicomys minutus) construisait sa demeure avec art, tandis que la Loutre se cachait dans les troncs du rivage et que le Lagomys œningensis préparait son gîte entre les pierres.

Si les lignites d’Elgg annoncent une formation tourbeuse lente et tranquille, les grès de Veltheim (20 minutes au nord de Winterthour) nous apprennent au contraire que probablement à cette place coulait un ruisseau qui se jetait dans le lac. — Ces grès renferment beaucoup de gravier roulé et des morceaux de marne arrondis, ainsi que des dents de

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