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LA FLORE HOUILLÈRE

Sphenopteris acutiloba, les grands segments des feuilles étalées munies de pinnules larges et lobées de la Pecopteris muricata (fig. 14), et le Neuroptère auriculé. Cette flore se relie cependant par 9 espèces à celle de l’anthracite, par 14 espèces à la flore houillère et appartient indubitablement au monde végétal de l’époque qui nous occupe.

Si nous réunissons les plantes houillères découvertes chez nous, et dont nous venons de faire la description détaillée, il ne nous sera pas difficile de nous représenter les forêts de ces temps reculés; le dessin ci-joint viendra en aide à notre imagination. Nous avons essayé d’y reproduire les principaux types de la flore houillère. Les Fougères, à gauche, au premier plan, sont les Odontopteris Brardii, l’arbre à branches ramifiées, et inclinées le Lepidodendron (Sagenaria) Veltheimianum. Les ^petits arbres à tronc bas, avec une grande couronne de feuilles le Cordaites borassifolia ; en face, le Pecopteris cyathea ; à l’angle droit, un groupe de Calamites, et quelques Sigillaires. Dans l’eau nagent les feuilles étoilées des Annulaires, et une jeune Sigillaire (Stigmaria). Cette planche donne seulement des arbres cryptogames dont l’écorce avait une élégance particulière. Ils n’étaient pas plus grands que les arbres de nos forêts ; mais comme ils appartiennent à des familles qui, actuellement, ne comptent que des herbes, cette flore a un cachet qui ne nous est pas familier. Les Sapins, et les arbres feuillus dont se composent nos forêts actuelles, manquaient à cette époque; mais les Lycopodiacées, les Fougères et les Equisetacées, qui se cachent maintenant sous l’ombre des bois, dressaient alors fièrement leurs troncs gigantesques, et balançaient leur feuillage dans les airs. Le terrain était humide, fangeux, et recouvert d’eau par place. C’est dans ce milieu que les Annulaires et les Sphenophylles développaient leur merveilleux feuillage, et que les formes Stigmariennes des Sigillaires étendaient sur l’eau les réseaux inextricables de leurs racines longues et infiniment ramifiées ; elles formaient des tapis qui, peu à peu, devinrent le rendez-vous des Calamites, et de nombreuses Fougères.

Cette végétation devait être luxuriante mais très-uniforme, car, com-

LE TERRAIT? CARBONIFÈRE EN SUISSE

parée à celle de nos jours, elle se composait d’un nombre restreint de plantes auxquelles manquait le charme des fleurs, tandis que maintenant nous jouissons non-seulement de la variété merveilleuse des fonnes, mais encore de l’abondance des couleurs.

Si l’on se transporte par l’imagination dans ces vastes solitudes primitives, on est saisi d’un sentiment indéfinissable en présence de l'invariable monotonie des formes. D’un autre côté, l’absence totale de fleurs et d’animaux supérieurs, devait contribuer à jeter sur la nature un voile d’universelle tristesse; pas un seul oiseau n’égayait la forêt, dont les profondeurs n’étaient visitées par aucun mammifère. L’air embrasé était rempli de vapeurs suffocantes s’échappant du sol, et le silence de la nature n’était troublé que par le bruit de la pluie, le fracas et les sifflements du vent à travers les arbres ! La terre était probablement encore couverte d’épaisses nuées provenant de la haute température du sol qui réduisait en vapeur beaucoup plus d’eau qu’aujourd’hui; le climat de la terre ne dépendait pas seulement du soleil, mais bien aussi de la chaleur même du globe. Cette hypothèse est confirmée par la présence des mêmes formes de plantes jusqu’à l’extrême nord.

Les naturalistes suédois Nordenskioeld et Malmgren ont découvert, pendant l’été de 18G8, à Baren-Insel (74°, 30 lat. nord), dans les houilleset les roches immédiates, 18 espèces de plantes dont 15 sont identiques à celles des couches les plus inférieures des gisements carbonifères. Cette ancienne flore houillère de Baren-Insel a des caractères identiques à ceux de la flore des Vosges et de la Forêt-Noire. Ce sont d’abondants Lepidodendron (surtout le L. Veltheimianum), des Knorria et des Calamites (C. radiatus Brgn.). A l’ombre de ces arbres vivaient des Fougères à grandes feuilles (Cardioptcris frondosa et polymorpha). La flore des îles l’arry paraît avoir eu le même aspect ; on y a découvert de nombreux gisements de charbon, et parmi les quelques végétaux qu’on y a constatés, se trouve la Knorria acicularis de l’île Melville (Baie de Briilport73° lat. nord); elle a été signalée aussi à Baren-Insel, et se rencontre dans les houilles de Silésie.

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