GLACIER DU RHONE
wangen et Zofîngen. La moraine de droite s’étendait le long des montagnes de Fribourg ; elle était composée surtout de grès vert provenant des flancs de la dent de Mordes (conglomérat de Valorcine). La moraine de gauche partait du Mont-Blanc et longeait les Alpes granitiques à travers le val de Trient dans le bassin du Rhône ; on peut la suivre du côté de la Savoie jusqu’à Genève. Les moraines centrales venaient : 1° du Valais supérieur, d’où elles apportèrent des granits blancs ; 2“ du Mont- Rose, qui leur fournit de la serpentine et de l’euphotide ; 3° des vallées d’Ering et de Bagne, où elles recueillirent des masses énormes de granit talqueux (arkesine), et 4" du val Ferret, d’où proviennent les prodigieux blocs erratiques de Monthey. A la sortie de la vallée du Rhône, les moraines intermédiaires prirent une direction rayonnante et leurs matériaux furent portés jusque sur les pentes du Jura. La moraine terminale va d'Aarwangen àGuggisberg,et nous offre la succession de roches qui suit : près de Guggisberg, des grès gris provenant de la dent de Mordes; entre Schwartzenburg et Konitz, les granits du Ilaut-Valais ; à l’ouest de Berne et de Berthoud, des roches du Mont-Rose ; à Seebach, les granits talqueux du val Ering, et à Aarwangen, les granits alpins du Mont-Blanc.
Dans sa seconde phase, le glacier était plus petit ; il remplissait bien encore le bassin du lac Léman, sans cependant s’étendre au nord aussi loin que le premier. Comme pour celui-ci, la moraine de gauche était composée de blocs du Mont-Blanc qui avaient passé par Martigny; et celle de droite de grès gris et de matériaux du Haut-Valais; elle s’étendait sur le Jorat et a laissé de grandes masses de pierres à Lausanne (Montbenon), à Morges, à Aubonne, etc.; elle avait donc pris une autre direction que précédemment. Les moraines centrales, qui s’étendaient sur l’emplacement actuel du lac Léman, ont subi la même déviation ; après la fonte des glaces, ces moraines ont probablement laissé dans le fond du lac des quantités considérables de gravier et de roches. Les moraines intermédiaires, assez rapprochées des flancs des montagnes, devinrent plus tard des moraines latérales; ainsi, à l’époque de la première extension du glacier, les blocs du val Ferret
l’kpoquk glaciaire.
appartenaient sans doute à une moraine interne qui allait jusqu'au Jura; mais plus tard, le glacier devenant plus petit et son niveau ayant baissé, la moraine se rapprocha des bords du glacier et fut enfin déposée à 400 pieds au-dessus du fond de la vallée près de Monthey sur une longueur de 5/4 d’heure et sur une largeur de 500 à 800 pieds. Au milieu de cette moraine, beaucoup de blocs gisent les uns sur les autres dans une position qu’on ne remarque que dans les amas de roches des moraines latérales.
Il faut observer que les moraines de la première époque renferment principalement des roches des plus hauts sommets, et les moraines de la seconde des débris de localités plus basses, d’où l’on a conclu que lors de la première les champs de névé montaient beaucoup plus haut et ne laissaient à découvert que les sommités les plus élevées. Cette hypothèse est confirmée par la direction que suivent les moraines ; cet accord nous prouve que pendant la première époque, les glaciers étaient beaucoup plus considérables que pendant la seconde.
Le glacier de l’Aar était beaucoup plus petit que celui du Rhône. Il remplissait les vallées de l’Oberland bernois dont il a poli les parois de rochers jusqu’à 2000 pieds au-dessus de la vallée actuelle. Il couvrait les bassins des lacs de Thoune et de Brienz et s’étendait sur tout le pays au nord de Thoune. Ses limites septentrionales se trouvaient près de Berthoud. Là il fut arrêté par le glacier du Ithône. Un de ses bras passait probablement par-dessus le Briinig et s’étendait jusqu’au lac des Quatre-Cantons.
Le glacier de la Reuss recevait ses affluents des vallées du canton d’Uri, de l’Engelberg et de la Muottathal. Le glacier principal venait d’Uri; au Righi et à la Hochfluh, il dut se diviser en deux bras ; celui de gauche envahit la vallée du lac des Quatre-Cantons, et de là couvrit peu à peu le canton de Lucerne d’une couche de glace: celui de droite se réunissait avec le glacier de la vallée de la Muotta, et s’étendait de là entre le Righi et le Itossberg, du côté du canton de Zug, jusqu’aux districts du Freiamt et d’Affoltern. Ces deux bras se réunissaient de nouveau en un même