‹ Le monde primitif de la SuisseChapitre 208 sur 244 · ANGLETERRE ET ÉCOSSE · texte numérisé non relu

ANGLETERRE ET ÉCOSSE

relèvement du sol jusqu’à 500 pieds au-dessus de la mer. Il y avait en Écosse de grands glaciers dont on reconnaît le passage aux roches moutonnées et striées et à la présence de moraines restées dans les vallées.’ Puis survint un affaissement du pays, si bien que peu à peu une grande partie en fut submergée, et qu’il ne resta de l’Écosse, de l’Angleterre et de l’Irlande que quelques îlots représentés actuellement par les montagnes.

Une grande quantité de glace vint alors du Nord, entraînant avec elle des pierres et des débris qui, tombant au fond, y enfouissaient aussi les animaux marins qui s’y étaient établis et qui portent tous un caractère septentrional. Lorsque plus tard un nouveau relèvement du sol s’opéra, il amena au jour, du fond de la mer, tous les dépôts que le glacier y avait enfouis, et qui s’élèvent par place jusqu’à 1400 pieds. Le pays dut donc se relever au moins d’autant ; mais il est probable qu’à cette époque le relèvement fut encore plus considérable. Si le sol de la Grande-Bretagne se relevait actuellement de 600 pieds, cette lie se joindrait au continent et se réunirait au Danemark, à la Hollande et à la France. Il est probable que cela eut lieu à cette époque. — Pendant cette seconde période continentale, les montagnes de l'Écosseetdu pays de Galles étaient couvertes de glacière qui y ont laissé de nombreuses traces de leur présence. Après ces phases, il se produisit une dépression graduelle qui peu à peu donna au pays sa configuration actuelle. Les côtes de la Norwége subissent de nos jours un relèvement lent qui peut Être évalué à 2 '/> pieds par siècle. En prenant pour base cette indication, on trouve que la dépression de 1400 pieds correspond à 50,000 ans et tout autant pour le relèvement qui suivit.

Quoique ces chiffres soient tout à fait arbitraires, ils nous montrent cependant que l’époque glaciaire doit avoir duré fort longtemps et que la dispersion des blocs eut pour se consommer une longue suite de siècles. Il paraîtrait qu’en Scandinavie il y eut, comme en Angleterre et en Écosse, une double époque glaciaire. On trouve sur des rochers moutonnés de grandes accumulations de débris stratifiés (Osars) qui très-probablement

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se sont formées sous l’eau, et sur lesquelles reposent des blocs erratiques.

- Il est très-important d’observer que les formations glaciaires de l’Amérique septentrionale se présentent de la même manière que les nôtres ; par conséquent, cette identité met les causes locales hors de jeu. — Depuis l’époque tertiaire, il dut y avoir dans tout l’hémisphère nord un abaissement de température analogue, car les glaciers de nos Alpes envahirent les plaines, et à la même époque les masses de glaces du Nord s’avancèrent fort loin dans le Sud. Cette marche a dû être fort lente; par conséquent l’époque glaciaire a nécessairement embrassé plusieurs milliers d’années. Si nous prenons pour base les calculs de la page 637, qui donnent 500 ans à un glacier pour avancer d’une lieue, il a fallu plus de 1000 ans pour que le bloc de la Pierre à Bot de la chaîne du Mont-Blanc arrivât par la vallée du Trient jusqu’à l’endroit qu’il occupe aujourd’hui ; et les blocs de granit du Seeberg ont demandé plusieurs milliers d’années pour se rendre du fond de la vallée d’Ering à leur place actuelle. Le Pflugstein d’Erlenbach sera arrivé durant le premier siècle dans les environs de Claris; pendant le second, près d’Umen; dans le troisième, près d’Utznach; dans le quatrième, à Rapperschwyl, et seulement dans le sixième à l’emplacement actuel.

Ces chiffres n’ont sans doute aucune valeur rigoureuse, et il est probable que le mouvement s’opéra plus rapidement, car la rapidité de la progression est en rapport avec l’étendue du glacier; toujours est-il qu’ils peuvent nous donner une notion approximative de la durée du développement des glaciers et du temps nécessaire au transport des masses de pierres. L’envahissement par la glace des pays élevés ne se fit que trèslentement ; nous en avons la preuve dans le diluvium stratifié. Il se compose en grande partie de roches alpines, et a dû se former pendant l’époque glaciaire. Les bancs épais de cailloux roulés qui recouvrent les charbons feuilletés d’Utznach furent amenés certainement à une époque où le glacier occupait la vallée entre Utznach et le Buchberg et apportait par sa moraine une quantité de matériaux que les ruisseaux

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