CLIMAT DE L’ÉPOQUE CARBONIFÈRE
La faune marine arctique a le même caractère. Ce sont de nombreuses espèces de Mollusques provenant de la mer de l’époque houillère de la zone arctique, et qui se rencontrent dans la même formation en Europe; quelques-unes même ont été trouvées dans les tropiques. Ainsi on a recueilli le Spirifer Keilhavii Buch à Baren-Insel, au Spitzberg, dans le Nord-Albert-Land, à Petschora, et ailleurs dans l’Inde; le Productus costatus Sow. au Spitzberg, en Russie, en Angleterre, dans le nord de l’Amérique, dans l’Inde et en Australie ; le Productus Humboldtii Orb. au Spitzberg, en Russie et dans le sud de l’Amérique. Il en est de même du Productus sulcatus qui a été observé à Melville-Insel, à 76“ lat. nord, et du Spirifer cristatus Schloth. trouvé au Spitzberg, et qui a une vaste area. Outre ces Mollusques, le Spitzberg fournit des Coraux qu’on rencontre à Klaas Billen Bay (78", 40 lat. nord) dans de grands blocs de calcaire.
Tout cela nous prouve qu’alors la chaleur prépondérante sur la terre n’était pas comme aujourd’hui celle du soleil;
La zone polaire devait donc jouir d’une température bien plus élevée qu’actuellement, et la présence des mêmes espèces sous les latitudes de 40° à 76“ nord permet de conclure qu’il y avait une grande égalité dans la température du globe. D’autre part, le caractère universel de la flore houillère revèle un sol marécageux, et une atmosphère chargée de vapeurs; or, c’est seulement dans les parages humides des tropiques que se rencontrent aujourd’hui des formes de végétaux qui s’en rapprochent.
U est à observer que les Fougères et les Lycopodiacées de nos jours croissent le plus souvent sous l’ombre épaisse des forêts, et qu’elles demandent bien moins que les Phanérogames l’action directe des rayons du soleil. C’était, sans nul doute, le cas pour leurs ancêtres primitifs; et, comme elles forment la grande majorité des plantes de la flore houillère, nous comprenons qu’elles aient pu vivre et prospérer sous un ciel toujours couvert. Il en est de même pour les quelques Insectes connus de cette époque, car ils sont, pour la plupart, nocturnes, tels que les Termites et les Blattes.
LE TERRAIN CARBONIFÈRE EN SUISSE
Fig. 16 C.
Nos roches carbonifères ont également fourni une espèce de Blattide. Jusqu’à présent c’est le plus ancien animal fossile de la Suisse que l’on connaisse. C’est à Erbignon que j’en ai découvert une aile à côté de restes de feuilles. Cette espèce a la grosseur de la Panchlora Maderæ F.
qui n’habite pas seulement Madère, mais aussi l’Afrique, l’Amérique tropicale et l’Inde. Elle se distinguait par de nombreuses et fortes nervures alaires, et par lescloisons transversales des ailes qui sont fines, ettrès-rapprochées. Elle différait des espèces actuelles par la disposition arquée des nervures anales qui sont dirigées vers le bord intérieur des ailes, et ressemblait aux
Blattina helvetica Hr. d'Erbignon ; a. aile gr. nat. ; b. ranimai restauré.
espèces des roches carbonifères.
Il est très-probable que ces conditions climatériques ont exercé une grande influence sur la distribution géographique des végétaux houillère. Nous avons vu plus haut que presque toutes les espèces découvertes en Suisse se retrouvaient dans le reste de l’Europe; ainsi la flore européenne entière est reproduite dans notre petite lie houillère, et la plupart des grands types y sont représentés, au moins par quelques espèces.
Si l’on se transporte dans les gisements carbonifères de l’Amérique, on y trouve à peu près les mêmes plantes. Ce pays a fourni jusqu’ici 300 espèces de plantes houillères dont la moitié environ se trouve en Europe; et presque toutes les espèces originales de ce pays sont une reproduction des formes de l’ancien continent. L’explication de ce fait
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