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ROCHES PRIMITIVES

Les roches mêmes qui renferment leurs débris sont essentiellement différentes. Les gisements diluviens ont consisté principalement en cailloux roulés et en sable formant quelquefois, il est vrai, des masses compactes, mais jamais des roches proprement dites; tandis que les dépôts tertiaires ont contribué pour une bonne part à la construction de nos montagnes.

En descendant plus bas, on rencontre une longue série d’étages superposés qui diffèrent les uns des autres, non-seulement par la nature de la roche, mais aussi par les restes de plantes et d’animaux. L’observateur attentif y découvre tout un monde riche en êtres organisés qui habitèrent autrefois notre terre. Ces débris nous révèlent toutes les périodes qui se sont succédé depuis le déluge jusqu’à la houille.

Au-dessous de l’anthracite qui représente chez nous la houille, viennent les masses de roches cristallines. — Elles forment la partie la plus importante de nos Alpes, et consistent en diverses variétés de granit et de gneiss, de schistes micacés, soit chloritiques soit talqueux, et d’amphibole.

Le quartz, le feldspath et le mica entrent dans la composition du granit et du gneiss ; ce dernier se distingue du granit par sa disposition plus ou moins feuilletée. Le mica domine dans le micaschiste ; le feldspath y manque complètement, du moins le plus souvent; le chlorite et le schiste talqueux, roches qui sont voisines, se reconnaissent à leur couleur verte et à leur nature molle. Les schistes talqueux sont employés dans quelques endroits pour la fabrication de poteries et de poêles. Les masses amphiboliques qui se rencontrent principalement sur les pentes méridionales des Alpes se distinguent par la variété noire de l’amphibole.

On observe aussi par place la serpentine et le gabbro dont se compose une partie des montagnes du Valais, d’Uri et des Grisons. — Ces roches ne renferment aucun vestige de pétrifications et ne présentent aucun indice de vie organique. Ce n’est donc pas à tort qu’on les a appelées Roches primitives. Elles ont préparé le sol sur lequel devait apparaître plus tard le monde organique.

Un coup d’œil jeté sur la carte géologique nous révèle quelle impor-

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