RAPPORTS DES FAUNES
période crétacée et l’éocène. Ces espèces y sont encore peu nombreuses et restreintes aux formes les moins élevées ; elles deviennent cependant plus nombreuses dans le miocène ; durant cette époque, les genres sont en grande partie identiques aux nôtres. Cette ressemblance des organismes de l’ancien monde avec ceux de notre temps ne se fait nullement sentir au même degré dans toutes les classes. Elle se manifeste plus rapidement chez les animaux anciens d’une organisation inférieure que chez ceux d’une organisation plus relevée et d’une date plus récente. Ainsi, d’après Ehrenberg, il y a quelques espèces de la famille très-ancienne des Rhizopodes vivant aujourd’hui qui apparurent déjà à l’époque crétacée, quoique pour le plus grand nombre des espèces tel ne soit pas le cas, tandis qu’on ne peut suivre les Mollusques au delà de l’époque tertiaire. — Les Mammifères de cette époque offrent une transformation complète non-seulement des espèces, mais encore des genres qui sont en partie éteints. Les mêmes raisons expliqueraient peut-être pourquoi les Insectes miocènes, la plupart des Blattes, des Sauterelles et des Termites, qui sont les types les plus anciens de cette classe, se rapprochent beaucoup des types vivant actuellement.
La flore et la faune de nos jours représentent l’organisation la plus élevée. Quand on parle de ressemblance entre les flores et faunes anciennes, on dit : perfectionnement dans la constitution des êtres organisés. En effet, on ne peut méconnaître un progrès déterminé et graduel dans leur développement. On ne connaît d’autres plantes des périodes les plus anciennes que des Cryptogames (p. 686). Dans l’époque carbonifère, ce sont les Cryptogames vasculaires qui dominent et les Gymnospermes * (Conifères et Cycadées) dans les terrains triasiques.
* Autrefois, on les réunissait aux Dicotylédones, mais elles se rattachent beaucoup plus aux Cryptogames vasculaires et forment la transition de celles-ci aux Phanérogames, ainsi que cela résulte des excellents travaux de Hoflmeister sur les caractères de leurs fleurs et de leurs ovules. Leur système ligneux a également une structure plus simple que celui des Dicotylédones, car il consiste en cellules uniformes ; et leur ponctuation, à laquelle par erreur quelques auteurs ont voulu faire jouer le réle de glandes, ne saurait être prise pour un caractère attestant une organisation plus élevée.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Les Phanérogames dicotylédones (arbres feuillus et buissons) apparaissent pour la première fois dans la période crétacée ; ils atteignent leur plein développement dans la période tertiaire et jouent dès lors le rôle principal dans la végétation. A l’époque tertiaire, la classe des Apétales, la moins parfaite, occupait la première place. Les Gamopétales, qui tienent le rang le plus élevé dans l’ensemble des végétaux, n'atteignent leur plein développement que dans la création actuelle. — 11 y a donc, en général, un progrès graduel depuis les types les plus simples jusqu’aux types d’une organisation plus compliquée et par conséquent plus élevée. Cette progression, nous la rencontrons aussi dans les faunes. U est vrai que les Zoopkytes, les Mollusques, les Articulés et les Vertébrés se rencontrent déjà dans la période de transition ; mais la dernière division n’y est représentée que par sa classe la plus inférieure , c’est-à-dire par les Poissons. Ceux-ci même y sont encore à un degré d’organisation très-rudimentaire. Les Reptiles apparaissent pour la première fois à l’époque carbonifère et ne prennent toute leur importance que dans la période triasique et la jurassique. Les Mammifères s’annoncent dans le jura par quelques espèces qu’on pourrait appeler prophétiques ; mais elles appartiennent au groupe des Marsupiaux qui ont dans l’ordre l’organisation la plus incomplète ; la classe des Mammifères n’acquiert son importance que dans la période tertiaire. La période primaire serait donc caractérisée par la présence de plantes cryptogames et de Poissons ; la période secondaire par celle des Gymnospermes et des Reptiles, et la période tertiaire par les Dicotylédones et les Mammifères. L’homme parait enfin comme le couronnement de toute la création. 11 s’élève par ses facultés intellectuelles au-dessus de toutes les créatures ; non-seulement il acquiert par elles la connaissance des lois de la nature, mais il se les soumet jusqu’à un certain point. Il a su trouver dans les œuvres de la nature son maître suprême, son Dieu, et il porte en lui-même la conscience de sa destinée éternelle.
Nous voyons donc dans le règne végétal et dans le règne animal des diverses périodes géologiques un développement continu, d’accord avec