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Cette hypothèse paraissant résoudre de la manière la plus simple la grande énigme de l’origine et de l’extinction des espèces, nous allons examiner si les phénomènes dont notre pays a été le théâtre et que nous avons exposés plus haut, nous autorisent à admettre une semblable explication.
Nous avons vu qu’un certain nombre d’espèces ont passé d’une période dans la suivante, et qu’il existe encore aujourd’hui 35 % des Mollusques marins miocènes (p. 527). Ceux-ci, sans aucun doute, sont les descendants d’espèces tertiaires. D’autres espèces, il est vrai, s’éloignent par des caractères plus ou moins importants des espèces de la période précédente, mais les différences sont si peu prononcées, que nous devons admettre que les anciennes ont contribué à la formation des nouvelles. Nous ne pouvons expliquer ce concours que par des rapports de parenté; les différences réelles qui existent entre elles n'étant que l'effet du temps qui les sépare. Mais d’autres plantes et d’autres animaux diffèrent complètement des faunes et des flores des époques précédentes : elles forment des types si bien délimités qu’il est impossible de leur trouver une connexion avec des espèces connues. Il arrive même que toute transition manque pour des classes entières (par exemple, les Oiseaux). Quelque difficile qu’il soit de se rendre compte de l’origine de ces types dans lesquels nous voyons de nouveaux plans de formation , il est plus convenable de les déduire de la nature organique que de chercher leur origine dans la nature inorganique. Il nous faudrait donc supposer que les grandes lacunes proviennent de l’extinction de certaines espèces qui auraient disparu sans laisser de traces. Nous partageons en effet l’opinion qu’il existe une connexion génétique dans toute la création organique, parce que cette hypothèse seule peut nous donner une idée de l’origine des espèces ; elle seule rattache cette origine à des faits connus et explicables par la nature elle-même. Mais ici se présente la seconde et importante question : Y a-t-il eu réellement une transformation des espèces , transformation très-lente, insensible et incessamment continue, uniquement due à la sélection naturelle, c’est-à-dire à la variation d’individus privi-