‹ Le monde primitif de la SuisseChapitre 25 sur 244 · GG · texte numérisé non relu

GG

Dans le lignite de Wirtatobel, au-dessus

de Bregenz

(Mélange de 6 schistes carbonifères ana-

lysés à Zurich au laboratoire de chimie.)

Dans les charbons de Kapfhach (canton

de Zurich)

Dans la houille de Corbeyre

Dans l’anthracite de Swansea (Wales) .

Autrefois, il était généralement admis que

la houille et le lignite pro-

venaient de masses de bois flotté. Les fleuves, disait-on, traversant des pays boisés entraînaient avec eux de grandes quantités de troncs qui

LE TERRAIN CARBONIFÈRE EN SUISSE

s’accumulaient à leur embouchure, soit dans les lacs, soit dans les mers, et qui étaient bientôt recouverts de limon ; la houille aurait été le résultat de la pression toujours plus grande de ces masses s’entassant les unes sur les autres pendant des milliers d’années, et passant ainsi du lignite à la houille.

On cite le delta qui s’est formé à l’embouchure du Mississipi, dans le golfe de Mexico, par l’accumulation successive d’énormes dépôts de troncs d’arbres, couvrant une surface de plusieurs milles carrés, sur quelques toises d’épaisseur.

Dans les lacs et dans les anses voisines des grands cours d’eau, on rencontre aussi de fortes accumulations d’arbres déracinés.

Il est très-vraisemblable que ces amas de bois enfouis durant le cours des siècles, et s’augmentant pendant des centaines et des milliers d’années, ont contribué à la formation du lignite; à cet égard les gisements de lignite de Bovey Tracev, dans le Devonshire au midi de l’Angleterre, que j’ai visités dans l’automne de 1861, sont forts instructifs. Les couches inférieures consistent exclusivement en troncs d’arbres où l’on distingue presque toujours la structure du bois, et les cercles annuels ; c’est par place seulement que le bois est transformé en charbon. J'ignore si les plantes marécageuses ont contribué à la formation de ces dépôts. Toutefois les gisements de lignite et de houille ne se sont formés que rarement par flottaison, et je n’en connais pas un seul en Suisse à qui l’on puisse assigner cette origine.

On trouve fréquemment, il est vrai, de minces filons qui se composent évidemment de troncs d’arbres enfouis dans la vase, et carbonifiés ; ainsi dans les grès de Bach et de Bollingen, dans les marnes du lias de Schambelen, dans le keuper du canton de Bâle, etc. ; mais nulle part on ne les rencontre en amas de quelque importance.

Toutes nos couches de lignite et d’anthracite, ainsi que toutes les couches un peu considérables de houille doivent avoir une autre origine ; l’étendue et l’épaisseur de ces dépôts en sont une preuve.

D’après les calculs d’Unger, un mètre de houille équivaut à 8", 76 de

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