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CHARBON FEUILLETÉ

plète entre le charbon feuilleté et la tourbe quant aux végétaux qu’ils renferment. Les Mousses qui occupent une si grande place dans le charbon feuilleté sont les mêmes que celles des marais tourbeux. L’nbondancc des Joncs et des Roseaux dont les longs rhizomes noueux et les racines demandent un terrain meuble et très-mou ainsi que les nombreuses graines de Trèfle d’eau renfermées dans les charbons, nous révèlent l’existence d’un ancien marais. En fait d’arbres, on y trouve les Sapins, les Pins et les Bouleaux. Les premiers occupent, comme nous l'avons vu, la couche inférieure, et les deux derniers se retrouvent dans toutes les couches. On rencontre des cônes de Pin avec leur graines, des troncs et des rameaux, mais rarement avec leurs feuilles.

Les troncs de Bouleaux sont en partie recouverts de leur écorce blanche. qui peut encore se dérouler dans les parties où elle est bien conservée. Les Pins et les Bouleaux que nous rencontrons dans les marais tourbeux, ont donc fourni un contingent notable à nos gisements tourbeux.

Les animaux que nous retrouvons dans le charbon feuilleté, ou dans l’argile qui y est mêlée, sont des animaux qui ont vécu primitivement dans les marais, ou qui y sont tombés par accident. Aux premiers appartiennent les Escargots, les Mollusques aquatiques qui gisent dans le blanc-fond, et les Insectes de marais (Donacia) qui, par place, sont tellement nombreux dans le charbon, que leurs élytres fortement colorés en bleu couvrent quelquefois de larges surfaces ; ils vivaient sans doute sur les plantes aquatiques comme les Donacia de nos jours. Des Mammifères ont souvent perdu la vie dans les marais ; nous en parlerons dans le chapitre XII.

Les charbons feuilletés présentent donc une grande analogie de disposition avec les tourbes. A la base se trouve le blanc-fond ; au-dessus, des couches noires et brunes renferment des Mousses de tourbières, des Roseaux et des Joncs, puis des arbres entourés d’une substance homogène provenant de végétaux décomposés, des restes d’animaux ayant vécu, ou étant tombés dans la vase. Entre les couches de charbon nous retrou-

LE TERRAIN CARBONIFÈRE EN SUISSE

vons les mômes dépôts argileux que nous avons signalés dans les tourbières envahies par des inondations intermittentes.

La boue déposée par l’eau recouvre les tourbières et interrompt leur développement pour longtemps, jusqu’à ce qu’une nouvelle végétation prenne pied sur l’argile. La seule mais grande différence qui existe entre le charbon feuilleté et les tourbes, c’est que le premier a été soumis à une forte pression. Cette pression a été exercée par les masses énormes de cailloux roulés qui la recouvrirent en y opérant de différentes manières des modifications intérieures. Il est probable que les couches de troncs d’arbres, et les masses tourbeuses étaient encore molles lorsque l’engravement commença; c’est pourquoi on les trouve pressées et aplaties.

Les Roseaux furent de môme si fortement comprimés que nous les retrouvons à l’état de bandes minces comme du papier, et les Mousses en masses compactes.

Les charbons feuilletés sont donc le résultat non de bois flotté et entassé, mais de cette tourbe desséchée et comprimée. Ils reposent toujours au-dessous de bancs de cailloux roulés, mais au-dessus des grès de notre pays. Entre les diverses couches de ces grès on trouve les lignites qui sont situés par conséquent au-dessous du charbon feuilleté, et appartiennent à une époque plus reculée.

Dans le tableau que nous avons donné plus haut (page 32), représentant une coupe de terrain à Wetzikon, les cailloux se trouvent immédiatement après une molasse semblable à celle qui forme les collines de la vallée de l’Aa. On y trouve un faible filon de lignite ainsi qu’à Kiipfnach, près d’Horgen, à IIohe-Rhoncn, à Rüfi, à Paudèzc, etc. On peut encore distinguer dans les charbons de l’étage mollassique les végétaux qui les ont formé ; ainsi j’ai trouvé dans les lignites noirs de Niedcrutzweil (canton de Saint-Gall) des troncs d’arbres dont on pouvait compter les cercles annuels. A Kàpfnach, les morceaux de tronc de Palmier ne sont pas rares. Ordinairement la transformation des végétaux dans le lignite est déjà telle qu’il présente une masse uniforme, brillante, et tout à fait semblable, pour l’apparence, à la houille ordinaire.

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