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raffermi. Les Stigmaires des houillères d’Europe et d’Amérique, qui se rencontrent dans la couche inférieure, et la composent souvent presque exclusivement, en sont une preuve ; elles jouaient, dans les lacs et les marais des temps houillers, le même rôle que de nos jours la Mousse de ht tourbe (Sphagnum); mais c’étaient des végétaux d’une tout autre taille, et leurs racines, qui se développaient sur de vastes étendues d’eau, ont fourni une masse plus considérable de charbon; elles sont un des principaux agents créateurs de cè combustible. Sous le rapport de la production, elles occupent sans contredit le premier rang; et depuis lors aucune plante n’a eu les mêmes propriétés à un aussi haut degré. A cette époque, la majeure partie de la matière combustible que les plantes recueillaient dans l’air à l’état d’acide carbonique, fut enfouie sous terre ; et cette quantité est si considérable que l’atmosphère actuelle en contient à peine le dixième de ce que renferment les gisements houillère découverts jusqu'ici.
Lors de la formation carbonifère, l’air contenait donc probablement une quantité d’acide carbonique bien plus considérable que de nos jours*, ce qui favorisait au plus haut degré le développement des végétaux, mais s’opposait en même temps à la vie des animaux terrestres. Ainsi, durant la longue période de la végétation houillère, l’air fut de la sorte purifié et rendu propre à l’existence et au développement des animaux de haute taille, tandis que la terre emmagasinait dans son sein les matières chargées de carbone, qui devaient, quelques millions d’années plus tard, servir de base à l’industrie de bien des peuples.
C’est l’Angleterre qui possède les plus riches gisements houillère de l’Europe; ils ont plus de 200 milles carrés de superficie, et d’après des calculs basés sur les besoins actuels, ils fourniront encore du charbon pour plus de mille ans; et pourtant on en extrait annuellement 1,300 millions de quintaux, dont 140 millions sont exportés (dans les années 1859 et 1860: 13,302,295 tonnes).
• La proportion d'acide carbonique de notre atmosphère est actuellement de 0,000t à 0,0006 ; à l'époque carbonifère, d'après (i. Jlischof, elle devait être de 0,06.
LE TERRAIN CARBONIFÈRE EN SUISSE
Les houillères du continent, nous l’avons dit, sont moins riches ; cependant la Belgique, la Prusse Rhénane (territoire de Saarbruck), la Westphalie, la Silésie, la Saxe, la Bohême et Saint-Etienne, près de Lyon *, possèdent des houillères étendues qui suffiront aux besoins de plusieurs milliers d’années.
L’Amérique du Nord est encore plus riche que l’Europe en houille. D’après Dana, elle possède une superficie de dépôts de houilles de 125,000 milles carrés anglais. La terre ferme avait une assez grande étendue à cette époque, puisque c’est elle et non la mer qui produisait la houille.
11 est fâcheux que dans la répartition d’un trésor de si grande valeur, notre pays se soit trouvé si mal partagé; les anthracites du Valais appartiennent sans aucun doute à cette époque, car ils renferment les mêmes plantes que la houille ; mais c’est une maigre compensation, si l’on pense aux richesses houillères que d’autres pays ont eues en partage.
Il est positif cependant qu’à cette époque reculée le groupe central de nos Alpes existait déjà, et qu’il était couvert de végétaux. Mais les roches où se trouvent les restes de ces plantes, ont été bouleversées par les
* La Suisse tire surtout ses houilles des mines de Saarbruck , de St.-Étiennc et quoique peu des Vosges (Bonchamp), localités dont les charbons donnent beaucoup de scories et renferment une grande proportion «le soufre. La Westphalie nous en fournit aussi (Ruhr). La consommation de ce combustible a beaucoup augmenté pendant ces dernières années, ainsi que l'indique le tableau suivant prenant pour lieux principaux d'importation les deux villes de Râle et Genève.
Genève.
Bals.
Total.
70,080 quintaux.
145,350 quintaux.
215,430 quintaux.